

Rédigé le 13 avril 2016 par Bill Bonner |
« Et si vous étiez nommé à la tête de la Fed ? Durant votre première semaine en poste, que feriez-vous ? »
La question n’était pas tout à fait sérieuse. La réponse non plus.
« Nous nous ferions porter pâle ».
Vents secs et bétail affamé
Nous sommes en route vers le ranch familial, dans le nord-ouest de l’Argentine. Nous allons passer quelques jours à Buenos Aires… puis nous envoler vers Salta. A partir de là, c’est six heures de route — dans les montagnes, sur des pistes — avec une escale pour inspecter notre bétail, jusqu’à ce que nous atteignions la sala, le siège de notre ranch.
L’année a été difficile dans les montagnes.
Normalement, nous avons environ 40 cm de pluie par an.
Cette année, cependant, le ranch n’a obtenu que la moitié de la dose habituelle. Toute cette humidité tombe en janvier et février. Pas une seule goutte supplémentaire n’atteindra le ranch avant l’an prochain.
Ce qui nous laisse neuf mois supplémentaires de vents secs et de bétail affamé.
Ce n’est là que le début des mauvaises nouvelles… Plus de détails lorsque nous serons au ranch, la semaine prochaine.
D’ici là, revenons-en aux problèmes de la planète.
Un retour à l’or
La sécheresse, le grand âge, les embouteillages, la méchanceté, les boissons roses bonbon, le mauvais goût, le rap, les banlieues, le cancer, le gouvernement, la musique dans les restaurants, Facebook, l’obésité — beaucoup de choses ne vont pas dans le monde.
La plupart d’entre elles ne sont pas facilement corrigées.
Certains problèmes, en revanche, pourraient être résolus du jour au lendemain.
Les problèmes économiques et financiers, par exemple, se règlent d’eux-mêmes… à condition de les laisser faire.
Quasiment toutes les blessures macro-monétaires dont souffre le monde moderne sont auto-infligées. Les banques centrales et les Trésors du monde entier se tirent une balle dans le pied. Mais au lieu d’arrêter de manipuler le système… ils achètent une nouvelle paire de chaussures.
Si le président Trump nous nommait miraculeusement à la tête de la Fed, notre première action serait de poser le fusil.
Nous annoncerions qu’à partir de maintenant, quiconque attend la prochaine hausse des taux devrait attendre longtemps. Parce que nous ne décréterions aucune hausse… ni aucune baisse.
Nous laisserions plutôt les taux s’occuper d’eux-mêmes. Les prêteurs et les emprunteurs fixeraient leurs propres taux.
Et si les banques avaient des problèmes ?
Ah… Nous nous occuperions de ça aussi. Nous soulignerions que la Fed ne leur prêterait plus, même en cas d’urgence.
Notre annonce : « à toutes les banques qui se retrouveraient à court d’argent : allez vous faire voir ».
Ensuite, nous mettrions l’intégralité du bilan de la Fed — et les plus de 4 000 milliards de dollars d’obligations douteuses achetées ces huit dernières années — en vente.
Nous enverrions des lettres de licenciement à tout le personnel… leur demandant de vider leurs bureaux et leur indiquant qu’ils devraient se chercher un travail honnête… ou essayer de trouver une place à Wall Street.
Si nous en avions le pouvoir, nous irions même un peu plus loin : nous déclarerions que les Américains pourraient utiliser la devise de leur choix, que le dollar serait à nouveau échangeable contre une certaine quantité d’or et que le Trésor US accepterait toute devise majeure — y compris des Bitcoins — en paiement des impôts.
Vous voyez combien ce serait facile ? Le gros du travail pourrait être accompli avant l’heure du déjeuner le premier lundi de notre entrée en fonction.
Ensuite, nous nous échapperions discrètement par la porte de derrière… juste avant que la maréchaussée nous mette la main au collet, avec un peu de chance.
Un dollar solideUI8
Pourtant, ces changements simples élimineraient la majeure partie des problèmes monétaires auxquels les États-Unis sont confrontés. Privée de carburant, la bulle de dette se dégonflerait. Les mauvais investissements, les mauvaises entreprises et les actifs surévalués perdraient eux aussi de l’air… et disparaîtraient.
Le dollar serait à nouveau solide. Il représenterait de la valeur réelle, pas de la richesse contrefaite. L’emprunt serait basée sur de l’épargne réelle, pas uniquement sur du crédit creux.
Et — avec seulement de rares capitaux à leur disposition (plutôt qu’une masse illimitée de crédit factice) — les investisseurs et les entrepreneurs seraient plus prudents au sujet de leurs investissements.
Ils mettraient ces capitaux au travail uniquement dans des projets augmentant la valeur réelle des actifs, plutôt que ceux qui ne font que transférer la richesse de l’économie réelle vers l’industrie financière.
Nous sommes tout prêt à l’admettre : ce serait difficile à avaler d’un coup. La plupart des gens n’ont pas la moindre idée du fonctionnement du système monétaire. Le crédit, c’est tout ce qu’ils connaissent.Et ils croient toujours que les grosses têtes de la Fed savent ce qu’elles font.
Les journaux et les experts hurleraient à la lune. Des économistes respectables s’étoufferaient d’indignation. Des hordes se formeraient pour nous faire la peau. Ils diraient que notre programme est « radical » et « irresponsable », inconscients du fait que c’est le système actuel qui est le plus radical, expérimental et irresponsable de l’histoire.
Nos propositions ramèneraient les États-Unis vers un système monétaire traditionnel et sensé. Les gens décideraient par eux-mêmes de la sorte d’argent qu’ils veulent utiliser… s’ils souhaitent l’épargner… ou le dépenser… et quel prix mettre s’ils décident de le prêter à quelqu’un. Est-ce que ça fonctionnerait ? Nous n’en savons rien, mais nous aimerions voir quelqu’un essayer.
Bill Bonner Fondateur de AGORA
Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde. En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste. « Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill. Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010). Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre. Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.
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