452- La Chine Militaire en évolution fait peur aux USA

 

Comment la Chine change les règles du jeu sous les mers

© AP Photo/ Xinhua/Wu Dengfeng -International – 25.02.2016(mis à jour  26.02.2016)

Jadis, aucun pays n’osait concurrencer la marine américaine, mais il semble qu’aujourd’hui nous soyons témoin du crépuscule d’une époque. La Chine, par exemple, a passé l’année dernière à moderniser ses forces et munitions pour contrer celles des Etats-Unis… et elle n’est pas la seule à le faire.
Mer de Chine méridionale
© Flickr
La Chine déploie des chasseurs sur une île contestée?

Si naguère personne ne présentait une menace sérieuse pour la marine américaine s’agissant des dimensions ou de la force, à l’heure actuelle la menace est bien déterminée. Ainsi, le commandant des forces américaines du Pacifique, l’amiral Harry Harris, confie, à Foreign Policy, craindre que les Etats-Unis n’aient pas assez de sous-marins pour faire face aux marines en cours de modernisation, notamment celles chinoise et russe. Ce qui suggère un moment charnière pour les USA, indique un rapport du Centre pour une nouvelle sécurité américaine, et en donne des explications.

La stratégie A2/AD

Le rapport intitulé « Alerte rouge: une menace croissante pour les porte-avions US »  (http://www.cnas.org/sites/default/files/publications-pdf/CNASReport-CarrierThreat-160217.pdfse )focalise sur la position militaire chinoise fleurissante dans l’océan Pacifique, ainsi que sur un terme qui fait s’énerver dernièrement les représentants du secteur de la défense partout dans le monde, à savoir l’anti-accès/aire déni, ou A2/AD. Ce terme se réfère à une notion qui a depuis longtemps fait partie du vocabulaire militaire et signifie le blocage de la capacité de l’ennemi de se déplacer librement sur le champ de bataille.

Des exercices navals conjoints sino-russes
© AFP 2016 XINHUA
Les flottes russe et chinoise, un défi pour la marine US
La stratégie A2/AD telle qu’elle existe aujourd’hui ressemble bien à ce qu’elle représentait à l’époque où les châteaux étaient entourés de tranchées, à l’exception du fait que les tranchées d’aujourd’hui sont représentées par un système intégré de missiles surface-air, de missiles de croisière anti-navires, de sous-marins et de navires de surface, tous destinés à repousser l’ennemi le plus loin possible des zones stratégiques.

La puissance militaire de la Chine se compose de deux éléments, son parc de missiles anti-navires de longue portée qui est de dimensions impressionnantes et qui s’ajoute aux technologies qu’elle emploie. Ce qui, en fin de compte, fait peur aux Etats-Unis.

Jusqu’où s’étend la menace chinoise

Mais la menace chinoise, elle s’étend jusqu’où? Voilà les territoires menacés, selon le rapport américain:

Les territoires menacés par des systèmes chinois A2/AD
© cnas.org/Center for a New American Security
Les territoires menacés par des systèmes chinois A2/AD

Les systèmes de courte portée comprennent ceux capables d’opérer jusqu’au 200e mille marin de la Chine. Ses missiles surface-air, missiles de croisière antinavires et drones peuvent d’ailleurs atteindre Taïwan.

Le sous-marin russe  Iouri Dolgorouki
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Les robots sous-marins russes et américains, qui dominera sous les mers?

Les systèmes de moyenne portée agissent dans les limites du 600e mille nautique, et, en cas de conflit, pourraient être lancés à travers les mers de Chine orientale ainsi que méridionale pour atteindre la première chaîne d’îles qui s’étend du Japon au nord jusqu’aux Philippines au sud.

Ensuite, les systèmes de longue portée peuvent dépasser le 600e mille nautique.

La Chine n’est pourtant pas la seule architecte de la stratégie A2/AD censée briser les opérations navales des Etats-Unis. Dans la mer Baltique, la base navale russe de Kaliningrad héberge un vaste réseau de systèmes sophistiqués antimissiles et anti-navires. De plus, le pays dispose présument de systèmes A2/AD en Syrie, ce qui inquiète les commandants de l’Otan.

Entre-temps, Pékin ne perd pas de temps et déploie des chasseurs sur l’île contestée Woody en mer de Chine méridionale, rapportent des renseignements américains, et voilà jusqu’où s’étend sa portée depuis ce petit bout de terre.

La portée des systèmes chinois A2/AD depuis l'île Woody
© cnas.org/Center for a New American Security
La portée des systèmes chinois A2/AD depuis l’île Woody

Pourquoi les USA se trompent

Alors que d’autres États s’emploient à créer des systèmes similaires en recourant à des technologies de pointe, les USA se placent plus en risque car ils tendent à réduire la portée d’action de leurs porte-avions pour pouvoir effectuer plus de missions, de plus courte durée.

Le porte-avions américain Theodore Roosevelt (CVN 71) dans le golfe Persique en avril 2015
© REUTERS/ U.S. Navy
Le nouveau porte-avions US obsolète avant même d’avoir vu le jour?
Cela dit, « un adversaire avec des systèmes A2/AD pourrait lancer une attaque destructrice contre un porte-avion depuis diverses surfaces et directions, une telle attaque s’avérant bien difficile, sinon impossible à repousser », lit-on dans le rapport, évoquant cependant des contremesures que les USA doivent prendre. Concrètement, les Etats-Unis devraient explorer de nouvelles options innovantes pour les futures opérations navales, s’ils souhaitent repousser des attaques menaçantes. Ou bien, il leur faut se préparer à de grandes pertes tant humaines que matérielles, résume le rapport.

 

https://fr.sputniknews.com/international/201602251022084424-chine-marine-usa/


 

international-0:51 24.02.2016

 

Pékin a déployé des chasseurs sur une île contestée de la mer de Chine méridionale, selon des renseignements américains.

Les avions de combat chinois ont été observés ces derniers jours sur l’île Woody, dans l’archipel des Paracels, a déclaré le commandement militaire américain dans le Pacifique, confirmant des informations de Fox News.

« Cela fait quelque temps qu’ils volent là-bas », a fait savoir le capitaine de vaisseau Darryn James, un porte-parole du commandement. Ils ont fait cela dans le passé sur cette île avec des avions de ce type, a-t-il souligné.

Pour les militaires américains, la présence ponctuelle de ces avions est toutefois moins inquiétante que l’installation de radars plus au sud dans l’archipel des Spratleys, révélée par un centre d’études américain, lit-on aujourd’hui dans le Figaro.

Des images satellites du récif de Cuarteron (Huayang en chinois) situé dans l’archipel des Spratleys et publiées par le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) montrent apparemment un radar à haute fréquence, un phare, un bunker souterrain, une plateforme pour hélicoptère et des équipements de télécommunications. D’autres clichés de récifs proches (Gaven, Hughes, Johnson South) sont présentés comme montrant des installations similaires.

Woody (appelée Yongxing, en chinois), est la principale île de l’archipel des Paracels, contrôlée par Pékin mais également revendiquée par Taïwan et le Vietnam. Un responsable américain avait confirmé la semaine dernière que les Chinois avaient déployé sur cette île des missiles sol-air.

Les Chinois disposent d’une piste sur cette île depuis 1990 et ont fait des travaux pour pouvoir accueillir des avions de combat modernes chinois comme le J-11 en 2014-2015, selon le Pentagone.

Les informations concernant les avions déployés surviennent alors que des pourparlers entre la Chine et les Etats-Unis se tiennent à Washington. Le statut des îles contestées de la mer de Chine méridionale en est l’un des sujets principaux. Selon les observateurs, pour l’instant, les deux pays, présentés par le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et le secrétaire d’État américain John Kerry, n’ont pas réussi à trouver un compromis. 

Le chef de la diplomatie chinoise a confirmé l’intention de son pays  de résoudre les questions litigieuses par le dialogue et la consultation. Néanmoins, il a déclaré que la Chine conservait une souveraineté indéniable sur les îles en mer de Chine méridionale et un droit légitime à l’intégrité territoriale.


 

https://fr.sputniknews.com/international/201602241022024875-chine-iles-contestees/


Les flottes russe et chinoise, un défi pour la marine US

© AFP 2016 XINHUA -International – 06.01.2016(mis à jour 19:04 06.01.2016) 

La Russie et la Chine avancent pas à pas sur le devant de l’échiquier mondial naval, leurs flottes présentant ainsi un défi pour celle des Etats-Unis, estime le commandant en chef de la marine américaine, l’amiral John Richardson.

La Flotte russe de la mer Noire montre ses muscles
Youtube
La Flotte russe de la mer Noire montre ses muscles

« Pour la première fois depuis 25 ans, les Etats-Unis sont confrontés à une nouvelle compétition de grandes puissances. La Russie et la Chine ont bonifié leurs capacités militaires et peuvent désormais agir en tant que puissances mondiales », a déclaré l’amiral Richardson dans un rapport (http://www.navy.mil/cno/docs/cno_stg.pdf) qui vient d’être publié par l’United States Navy.

Les deux pays ont un grand potentiel militaire qui visera sans doute les points faibles de la marine américaine, d’après le document. De surcroît, les deux pays poursuivent toujours le développement des armes à leur disposition, notamment « en amplifiant leur portée, en augmentant leur précision ainsi que leur force destructrice ».

Par ailleurs, il existe d’autres participants à ce jeu naval, eux-aussi souhaitant obtenir des technologies innovantes, y compris militaires, auparavant le seul apanage des puissances de premier plan. Parmi ces acteurs, M. Richardson mentionne la Corée du Nord, l’Iran, qui s’emploie à élaborer des missiles, tout comme certaines organisations terroristes.

Hefei 052D
© Photo. Youtube/ Henri KENHMANN
La marine chinoise se dote d’un destroyer ultra-moderne

En particulier, les actions de la Corée du Nord, qui ne cesse de développer de nouvelles armes et missiles, présentent une menace non seulement pour l’Asie du Nord mais pour le monde entier également.

Mercredi 6 janvier, la Corée du Nord a annoncé avoir fait exploser avec « succès » une bombe à hydrogène ou bombe thermonucléaire. L’essai en question a eu lieu sur le polygone de Punggye-ri, site historique des tests nucléaires nord-coréens.

L’Institut américain de géologie (USGS) et l’agence de météorologie sud-coréenne ont détecté à cet endroit un séisme d’une magnitude située entre 4,2 et 5,1. Selon l’agence sud-coréenne, le séisme avait « un caractère artificiel ».


https://fr.sputniknews.com/international/201601061020778724-flotte-russie-chine-usa/