419- Elections Américaines…2 articles sur la « foire d’empoigne » des candidats

Primaires républicaines: Trump décroche un soutien de poids

 27.02.2016 – 08:31

Donald Trump et le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, le 26 février 2016 à Fort Knox au Texas

Laura BUCKMAN – AFP

Dans une primaire républicaine de plus en plus folle, Donald Trump vient de frapper un grand coup: il a reçu vendredi le soutien de Chris Christie, gouverneur modéré au charisme indéniable et féroce détracteur de son principal rival, Marco Rubio.

Véritable coup de tonnerre, ce ralliement devrait encore exacerber les tensions entre le milliardaire et le sénateur de Floride, en compétition pour porter les couleurs républicaines lors de l’élection présidentielle du 8 novembre qui désignera le successeur de Barack Obama.

Les deux candidats aux styles radicalement différents se traitent désormais d’escroc et d’imposteur dans une campagne qui brise les grilles de lecture traditionnelles et où les coups volent de plus en plus bas.

Le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, qui fut un temps considéré comme l’étoile montante du « Grand Old Party », a jeté l’éponge il y a deux semaines non sans avoir, quelques jours plus tôt, mis en pièce Marco Rubio, ironisant sur ses « discours mémorisés de 25 secondes » répétés jusqu’à l’épuisement.

En devenant le premier poids lourd du parti à soutenir le magnat de l’immobilier, il rebat les cartes, d’autant que ce ralliement intervient à cinq jours du « Super Mardi », journée cruciale des primaires au cours de laquelle une dizaine d’Etats sont appelés à voter.

« La seule chose importante pour le parti est de nommer quelqu’un qui nous donne la meilleure chance de battre Hillary Clinton », a avancé Chris Christie, lors d’un meeting au Texas avec son « ami » Trump.

« Personne n’est mieux préparé que Donald Trump pour donner à l’Amérique la direction forte dont elle a besoin », a estimé l’ancien procureur âgé de 53 ans.

En dépit de ses farouches dénégations — « On ne m’a offert aucun poste » — l’annonce a provoqué d’intenses spéculations sur une éventuel « ticket » dans lequel il se verrait offrir la deuxième position, c’est-à-dire, en cas de victoire, la vice-présidence de la première puissance mondiale.

– « Amuseur-en-chef » –

Les deux hommes n’ont pas toujours, loin s’en faut, marché main dans la main.

« Il ne s’agit pas d’élire un amuseur-en-chef », lançait Christie il y a quelques mois à l’encontre de l’ancienne vedette du reality-show « The Apprentice ». « Nous devons élire quelqu’un qui a une véritable expérience ».

Au lendemain d’un débat au ton acrimonieux à Houston, Trump et Rubio ont repris leurs échanges par meetings interposés.

« Je n’ai jamais vu un être humain transpirer autant », a lancé M. Trump, tandis que M. Rubio racontait devant ses partisans ravis comment son adversaire était obsédé par son maquillage lors des coupures publicitaires.

« On est sur le point de laisser le mouvement conservateur à une personne qui n’a aucune idée sur quelque sujet important que ce soit, on est sur le point de laisser les codes nucléaires des Etats-Unis à une personne complètement imprévisible », a affirmé le jeune sénateur désireux de démontrer qu’il a les épaules pour catalyser les énergies et les votes « anti-Trump ».

« Je reconnais que certains peuvent être intrigués par lui, c’est un beau parleur et il dit qu’il se bat pour les petites gens. Mais chaque fois qu’une de ses entreprises a capoté, vous savez qui n’a pas été payé ? Les petites gens qui travaillaient pour lui », a-t-il poursuivi.

Concédant son rôle d’outsider dans la course à la primaire républicaine, il s’est cependant dit certain de remporter le vote dans son État de Floride, prévu le 15 mars, où les sondages donnent pourtant une large avance à Donald Trump.

Cette agitation a, pour l’heure, relégué la primaire démocrate au second plan.

Hillary Clinton, aidée de son mari Bill et de sa fille Chelsea, était vendredi sur les routes de Caroline du Sud où elle espère une large victoire samedi face à Bernie Sanders, grâce en particulier au vote afro-américain.

source: http://www.courrierdelouest.fr/actualite/les-primaires-republicaines-semballent-trump-decroche-un-soutien-de-poids-27-02-2016-258168


 

26 février 2016

Elections américaines : Donald Trump file à toute vapeur. Et ce sera difficile de l’arrêter

Il a gagné au Nord-Est, au Sud, à l’Ouest. Il cartonne chez les jeunes, chez les vieux, chez les électeurs aisés, chez les pauvres… Qui saura stopper sa course ?

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Donald Trump à Las Vegas, le 23 février 2016 (Ethan Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

 
Qui peut stopper Donald Trump ? Après sa victoire dans le Nevada mardi 23 février, écrasante, le candidat échevelé a de bonnes chances de terminer victorieusement la course des primaires républicaines. Il aborde le Super Tuesday (lors du « super-mardi », la semaine prochaine, 12 Etats vont voter) à pleine vapeur, laissant assez loin dernière lui ses deux principaux concurrents les sénateurs Marco Rubio (de Floride) et Ted Cruz (du Texas). Porté par sa réthorique anti-élite et donc anti-Washington, il a remporté des victoires dans des Etats aux démographies très différentes, dans le Nord-Est, dans le Sud et maintenant dans l’Ouest. Les riches républicains votent pour lui, les républicains pauvres aussi.

Marco Rubio pariait sur un rebond dans le Nevada : il pensait récupérer les électeurs de Jeb Bush, son ex-mentor en Floride, qui a abandonné la course samedi. Mais ce miracle n’a pas eu lieu : Trump a obtenu près de deux fois plus de voix que lui (45,9% contre 23,9%).

De son côté, Cruz (21,4% dans le Nevada), qui s’est positionné « droite dure », ne parvient pas à progresser malgré sa victoire en Iowa au début de la course des primaires. Il s’est retrouvé au troisième rang à la fois dans le Nevada et en Caroline du Sud. Il a dans les Etats du Super Tuesday (dont le sien, le Texas) un avantage par rapport à Rubio : beaucoup plus d’argent en caisse.

Mais battre Trump sera difficile. Dans le Nevada, où il a des propriétés immobilières (à Las Vegas) ce dernier l’a emporté chez la droite religieuse, chez les jeunes, chez les vieux, chez les diplômés, chez les non-diplômés… Et ses sorties à l’emporte-pièce (comme sa proposition d’expulser les 11 millions d’immigrés sans papiers ou ses saillies islamophobes) ne semblent pas dégonfler la dynamique de sa campagne.

La moyenne des sondages (Républicains)

Moyenne des sondages auprès des républicains depuis septembre (RealClear Politics)

L’enjeu du Super Tuesday

Rubio a-t-il une chance de faire dérailler la locomotive Trump ? Pour gagner une primaire, il faut être à la fois « electable » (crédible) et « likable » (sympathique). Poussé par l’establishment du parti républicain, Rubio tente d’imposer sa crédibilité : il se présente comme le seul à même de battre Hillary Clinton, si c’est bien elle que les démocrates mettent en selle au terme de la primaire de leur parti. Mais il n’a pas réussi à imposer une image sympathique et c’est Trump qui apparaît comme le « sunny candidate », le candidat ensoleillé.

L’enjeu du vote de mardi prochain, dans 12 États différents (sur 50) est donc lourd : il est possible que la primaire républicaine soit « pliée » au soir de cette journée-là. Si ni Cruz, ni Rubio ne parviennent à se détacher l’un de l’autre et à progresser, les jeux risquent d’être faits.

Côté démocrate, un  jeu encore ouvert

Si Trump l’emporte dans son camp, il lui faudra ensuite conquérir la Maison Blanche. Ses acrobaties droitières risquent alors de lui nuire. Dès l’annonce de sa victoire aux primaires, on peut supposer qu’il cherchera à s’assagir et se recentrer, pour affronter le ou la candidat(e) démocrate. Mais avec lui, aucun pronostic n’est très prudent.

Côté démocrate, le jeu reste encore assez jeu reste ouvert. Les médias donnent Hillary Clinton gagnante : elle vient de remporter le Nevada avec 5 points d’avance et elle est bien partie pour emporter la course démocrate. Mais Bernie Sanders reste très pugnace et sa cote ne cesse de progresser. Il est « likable » et, face à Trump, il peut même apparaître comme « electable »… L’ex-première dame joue certes la carte de la crédibilité, mais elle reste très impopulaire auprès d’une grande partie des Américains. Un duel Clinton-Trump, si c’est elle qui est choisie par son camp, n’est donc pas joué d’avance.

La moyenne des sondages (Démocrates)

Moyenne des sondages auprès des démocrates depuis septembre (RealClear Politics)

Il est encore trop tôt pour enterrer Bernie Sanders : un sondage Reutersauprès des électeurs démocrates, publié le 23 février, le place même devant Clinton avec 6 points d’avance (41,7% contree 35,5%). Là encore, le Super Tuesday pourrait clarifier la situation.

L’hypothèse Bloomberg

Un candidat indépendant peut se présenter ans la course, mordant sur l’électorat de l’un ou de l’autre des candidats « officiels ». C’est ce qui était arrivé en 1992 avec la candidature (droitière) du milliardaire Ross Perot. Il avait remporté 18.9% des voix, ce qui avait permis à Clinton de se qualifier face à George Bush père. En 1996, Perot s’était présenté à nouveau, et avait recueilli 8% des voix.

(Michael Bloomberg – Ethan Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Aujourd’hui, chacun guette les faits et gestes de Michael Bloomberg, autre milliardaire et ancien maire de New York, qui songe à se présenter en candidat indépendant. Ce dernier entend se positionner au centre, et nul ne sait encore s’il piquera des voix au candidat républicain ou au candidat démocrate…

Pour l’instant, l’idée d’une candidature Bloomberg n’excite pas trop les électeurs. Selon un sondage AP-GfK réalisé entre le 11 et le 15 février, six sondés sur dix affirment qu’ils ne voteront pas pour lui contre 7% qu’ils le feront  (et 29% d’indécis).

S’il décide de se lancer, Bloomberg ne doit pas tarder à le dire. Le système américain exige en effet que les candidats indépendants s’enregistrent dans chaque Etat, et ils doivent dans la plupart des cas recueillir un nombre important de signatures : près de 80.000 pour le seul Texas. Cela prend du temps…

De l’avis général des politologues américains, ses chances de gagner seraient de toute façon très faibles…  Sauf dans un scénario : si les primaires républicaines et démocrates débouchent sur un duel Trump-Sanders. Un boulevard s’ouvrirait alors au centre et Bloomberg pourrait espérer hériter des voix modérées des deux camps.

Pascal Riché

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Sur le web : Primaires américaines : Donald Trump remporte le Nevada
Primaires américaines : Donald Trump remporte le Nevada
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