
Déclaration du Ministère russe des Affaires étrangères
5 février 2018 10:51
Conformément à l’Article II du Traité de réduction des armes stratégiques entre la Fédération de Russie et les États-Unis, au 5 février 2018 la Russie et les USA devaient atteindre le volume total d’armes offensives stratégiques suivant:
| – 700 unités pour les missiles balistiques intercontinentaux déployés, les missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS) déployés et les bombardiers lourds déployés;
– 1 550 unités pour les ogives sur les missiles balistiques intercontinentaux déployés, les ogives sur les MSBS déployés et les ogives nucléaires pour les bombardiers lourds déployés; – 800 unités pour les vecteurs déployés et non déployés de missiles balistiques intercontinentaux, les vecteurs déployés et non déployés de MSBS, les bombardiers lourds déployés et non déployés; |

La Fédération de Russie a entièrement rempli ses engagements en matière de réduction des armes stratégiques. Au 5 février 2018, notre potentiel total s’élevait à:
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– 527 unités pour les missiles balistiques intercontinentaux déployés, les MSBS déployés et les bombardiers lourds déployés; – 1 444 unités pour les ogives sur les missiles balistiques intercontinentaux déployés, les ogives sur les MSBS déployés et les ogives nucléaires pour les bombardiers lourds déployés; – 779 unités pour les vecteurs déployés et non déployés de missiles balistiques intercontinentaux, les vecteurs déployés et non déployés de MSBS, les bombardiers lourds déployés et non déployés; |
Une notification officielle confirmant ces chiffres sera transmise prochainement aux États-Unis.
La Fédération de Russie a pris note de la déclaration des États-Unis concernant leur mise à niveau de la quantité convenue d’armes stratégiques.
Dans le même temps, nous remarquons que les USA ont atteint les chiffres établis par le Traité
- non seulement grâce à la réduction réelle des armements,
- mais également grâce au rééquipement d’une partie des vecteurs de MSBS Trident-II et des bombardiers lourds B-52H
de manière à ce que la Russie ne puisse pas confirmer si ces armes stratégiques sont dans un état inapproprié pour l’usage de MSBS et de l’armement nucléaire de bombardiers lourds, tel que le prévoit le point 3 de la Section I du Chapitre 3 du Protocole du Traité, ainsi que grâce à une requalification arbitraire de silos de lancement prévus pour la formation en « silos de formation » qui n’est pas prévue par le Traité.
La Fédération de Russie réaffirme son attachement au Traité de réduction des armes stratégiques. La Fédération de Russie appelle instamment les USA à poursuivre une recherche constructive de solutions mutuellement acceptables dans le règlement des problèmes liés au rééquipement et à l’exclusion de la prise en compte des armes stratégiques, ainsi que sur toutes les questions qui peuvent survenir dans le contexte de la mise en œuvre des termes du Traité de réduction des armes stratégiques.
SOURCE/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3054864
Les États-Unis relancent la course aux armes nucléaires

Alors que le traité de réduction des armes stratégiques New Start, signé avec la Russie en 2010, entre pleinement en vigueur aujourd’hui, la nouvelle “posture nucléaire” de l’administration Trump appelle Washington à se doter de nouvelles armes de faible puissance en réponse au réarmement de Moscou.
En signant il y a huit ans le traité de réduction des armes stratégiques New Start avec la Russie,
“le président Obama avait exprimé l’espoir qu’il s’agissait d’une première étape vers de plus importantes réductions [des armements] et, à terme, vers l’avènement d’un monde sans armes nucléaires”
rapporte le New York Times.
Mais alors que s’ouvre aujourd’hui la dernière phase de New Start – les deux parties devant désormais respecter les limites fixées par le traité –,
“l’optimisme n’est plus de mise”
souligne le quotidien.
When President Trump called on Congress to modernize the nuclear arsenal, he did not mention the rationale: that Russia has accelerated a dangerous game. Credit Al Drago for The New York Times
Et pour cause : la “nouvelle posture nucléaire” de l’administration Trump, dévoilée le 2 février et appelant à contrer la modernisation de l’arsenal russe,
“va ouvrir une nouvelle course aux armements nucléaires”
note le New York Times. Une nouvelle compétition
“moins basée sur le nombre d’armes que sur les nouvelles tactiques et technologies permettant de déjouer les plans de l’autre camp”.
Relents de guerre froide
Le magazine britannique The Economist [1] détaille, pour sa part, le contenu de la “nouvelle posture nucléaire” américaine. Celle-ci appelle notamment
“au développement de nouvelles ogives nucléaires dites de ‘faible puissance’, qui équiperaient des missiles balistiques embarqués à bord de sous-marins, et à plus long terme, d’un nouveau missile de croisière destiné aux sous-marins”.
La logique qui sous-tend cette décision
“rappelle le temps de la guerre froide, quand le gouvernement Kennedy avait mis au point la stratégie de ce que l’on appelait la ‘riposte graduée’”
note le magazine.
Le magazine Foreign Policy [2] souligne, de son côté, que le traité New Start va expirer en 2021 et que le locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, n’a jusqu’ici
“manifesté aucune envie de le prolonger”.
Coercition
“En dénigrant tous les accords négociés par le président Obama […], le gouvernement Trump court le danger de ne se concentrer que sur des moyens de coercition militaires, au lieu de puiser dans toute la panoplie de moyens diplomatiques, économiques, politiques et sécuritaires dont disposent les États-Unis”
souligne le magazine.
Et Foreign Policy d’asséner :
La Russie a fait de la reconstitution de son arsenal nucléaire une priorité, se trouvant toujours en grave infériorité dans le domaine des capacités conventionnelles face à l’Amérique et à ses alliés. Il serait risqué de se lancer dans une nouvelle course aux armements nucléaires […] car cela détournerait des ressources au détriment de notre avantage conventionnel, sans pour autant renforcer notre sécurité.”
Pour le magazine américain, cela équivaudrait surtout
“à reproduire les grandes erreurs de la guerre froide, qui nous a appris que les courses aux armements et les guerres nucléaires ne peuvent jamais être gagnées”.
LIENS
- https://www.economist.com/news/united-states/21736366-america-seeks-expand-its-arsenal-low-yield-nuclear-weapons-new-threat-new-weapons
- https://foreignpolicy.com/2018/02/02/does-trump-want-a-nuclear-arms-race-because-obama-didnt/





