3236 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 7 mars 2019

 

  1. Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères au vernissage de l’exposition « Vers les côtes de l’Amérique latine »
  2. Sur la visite de travail en Russie de Karin Kneissl, Ministre autrichienne de l’Europe, de l’Intégration et des Affaires étrangères
  3. Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Turquie
  4. Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la 62e session de la Commission des stupéfiants des Nations unies
  5. Sur la situation actuelle en Syrie
  6. Sur la situation au Venezuela
  7. Sur le renforcement de la pression par les sanctions sur Cuba
  8. Sur la Situation au Nicaragua
  9. Sur la situation dans le Donbass
  10. Sur les tentatives de falsification de l’histoire en Ukraine
  11. Sur la situation autour du Traité FNI
  12. Sur la relance des débats publics concernant la reprise des essais nucléaires aux États-Unis
  13. Sur les actions hostiles des autorités tchèques à l’encontre d’un représentant du Ministère russe des Affaires étrangères
  14. Sur les fausses informations des médias concernant l’immobilier russe en République tchèque
  15. Sur les nouvelles attaques des autorités françaises contre les médias russes en France
  16. Sur la légalisation du cannabis non-médical aux Pays-Bas à titre expérimental

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1 Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères au vernissage de l’exposition « Vers les côtes de l’Amérique latine »

Lundi 11 mars, dans la Grande salle de la Maison Pachkov, se tiendra le vernissage de l’exposition « Vers les côtes de l’Amérique latine » qui présentera des livres rares et des manuscrits tirés des recueils de la principale bibliothèque du pays, la Bibliothèque d’État de Russie, en présence du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et du Directeur général de la bibliothèque Vadim Douda.

RUSSIE Director of the Library of Foreign Literature Vadim Duda spoke at the event, and a fragment of Ekaterina Genieva's ... 402_2b  Director of the Library of Foreign Literature Vadim Duda  …

Cette exposition présentera près de 60 monuments littéraires, plusieurs gravures et des manuscrits consacrés aux expéditions de chercheurs et de scientifiques, de diplomates, de voyageurs, de poètes, de journalistes et de peintres russes et soviétiques en Amérique latine entre les XVIIIe et XXe siècles.

Les mémoires et les journaux des personnalités russes éminentes ayant visité l’Amérique latine depuis 150 ans ont beaucoup de valeur en tant que sources historiques et témoignent de l’intérêt culturel et scientifique de longue date de la Russie pour ces pays.

Les chefs du corps diplomatique latino-américain à Moscou et les représentants des milieux gouvernementaux, scientifiques et culturels participeront à cet événement.

Nous invitons les médias russes et étrangers à participer à cet événement.

Si vous souhaitez être accrédités, veuillez vous adresser à Daria Khokhlova du service de presse de la Bibliothèque d’État de Russie + 7 916 828 24 07, dr@rsl.ru

La demande d’accréditation doit être déposée avant 10 heures du matin lundi 11 mars.

2 Sur la visite de travail en Russie de Karin Kneissl, Ministre autrichienne de l’Europe, de l’Intégration et des Affaires étrangères

 AUTRICHE Karin Kneissl, Ministre autrichienne DIA-MAE-austria  Karin Kneissl, Ministre autrichienne

Les 11 et 12 mars, la Ministre autrichienne de l’Europe, de l’Intégration et des Affaires étrangères Karin Kneissl se rendra à Moscou pour une visite de travail.

Lors de l’entretien prévu mardi 12 mars avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, les deux chefs de diplomatie évoqueront un large éventail de questions relatives aux relations bilatérales, analyseront l’état et les perspectives du développement de la coopération bilatérale concrète, et échangeront leurs avis sur les problèmes internationaux d’intérêt mutuel.

Une attention particulière sera accordée à l’étude du calendrier du dialogue politique cette année, ainsi qu’à la promotion de projets de coopération diversifiés dans le domaine commercial, économique, culturel et social, notamment l’Année des échanges de jeunes 2019 qui a commencé.

Dans le cadre de cette rencontre, il est prévu de signer la Déclaration conjointe des ministres sur la création du Forum russo-autrichien des sociétés civiles « Dialogue de Sotchi » – un nouveau mécanisme de coopération au niveau de la société civile mis en place conformément à l’entente convenue en juin 2018 à Vienne entre les présidents de la Russie Vladimir Poutine et de l’Autriche Alexander Van der Bellen.

AUTRICHE RUSSIE Le président russe, Vladimir Poutine, avec son homologue autrichien Alexander Van Der Bellen, Vienne, juin 2018.file70gutxod3rb1dnal9n8h Le président russe, Vladimir Poutine, avec son homologue autrichien Alexander Van Der Bellen, Vienne, juin 2018.
Les deux interlocuteurs échangeront leurs avis sur les thèmes de politique étrangère les plus importants, notamment le processus de paix en Syrie et ses aspects humanitaires, les conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la lutte contre le terrorisme international et les perspectives de règlement de la crise ukrainienne.
  • Il est prévu d’évoquer l’état actuel du dialogue UE-Russie, ainsi que la coordination de la coopération dans le cadre de l’OSCE et sur d’autres plateformes internationales.
  • Il est prévu de comparer les approches des deux pays concernant le désarmement, la formation des nouveaux contours de la sécurité européenne – notamment au vu de la sortie des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire -, le maintien des accords bilatéraux sur le programme nucléaire iranien, ainsi que la situation autour du Venezuela.
3 Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Turquie

TURQUIE RUSSIE 5c2779bd488c7b5c4b8b4567 Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue turc Mevlüt Cavusoglu lors d’une discussion à Genève, le 18 décembre dernier.

Les 12 et 13 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra à Antalya en Turquie pour participer à la 7e réunion du Groupe conjoint de planification stratégique sous la présidence des chefs de diplomatie des deux pays.

Ce Groupe travaille dans le cadre du Conseil de coopération de haut niveau dirigé par les présidents de la Russie et de la Turquie. La précédente réunion du Groupe conjoint de planification stratégique, la sixième, s’était tenue le 14 mars 2018 à Moscou.

Il est prévu d’évoquer en profondeur toutes les questions relatives à l’agenda bilatéral pour préparer la nouvelle rencontre des dirigeants de nos pays et la prochaine réunion du Conseil de coopération de haut niveau. Une attention particulière sera accordée aux perspectives d’élargissement de la coopération russo-turque commerciale et économique dans différents domaines, au thème consulaire et à l’élargissement de la coopération socioculturelle dans le cadre du déroulement de l’Année croisée de la culture et du tourisme cette année dans nos pays.

Lors des contacts à venir, il est prévu de procéder à un échange d’avis approfondi sur un large éventail de problèmes régionaux et internationaux, y compris le processus de paix en Syrie, la coopération dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, ou encore la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en Transcaucasie, en Asie centrale, en Ukraine, et dans la région de la mer Noire. Les deux interlocuteurs aborderont les moyens permettant de renforcer l’efficacité de la coopération sur les plateformes des organisations internationales.

Dans le cadre du Groupe conjoint de planification stratégique, il est prévu de signer le Plan des consultations interministérielles pour 2019-2020.

4 Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la 62e session de la Commission des stupéfiants des Nations unies

62e session de la Commission des stupéfiants des Nations unies à Vienne. 1200px-Uno_City_Kaiserwasser  62e session de la Commission des stupéfiants des Nations unies à Vienne.

Jeudi 14 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera au segment ministériel de la 62e session de la Commission des stupéfiants des Nations unies à Vienne. Cet événement sera décisif car il devrait déterminer l’avenir du système interétatique de contrôle des stupéfiants. La délégation russe a l’intention de défendre clairement la nécessité de remplir successivement les termes des trois conventions anti-drogue des Nations unies, et d’insister sur l’inadmissibilité de légaliser lesdites « drogues douces ». Une attention particulière sera accordée à la situation en matière de drogues sur le territoire afghan – qui n’affiche aucun signe visible d’amélioration.

Le chef de la diplomatie russe a l’intention d’appeler la communauté internationale à consolider les efforts pour faire face aux défis contemporains tels que la propagation des stupéfiants via internet, l’apparition de nouvelles substances psychoactives, ainsi que le financement du terrorisme grâce au trafic de stupéfiants.
Sur la base des termes  de l’Allocution du Président russe Vladimir Poutine devant l’Assemblée fédérale à ce sujet, la communauté internationale sera informée des efforts déployés sur le territoire de la Russie pour mettre en place un système d’aide palliative, notamment en facilitant l’accès des patients aux produits analgésiques.
Une discussion à part est prévue sur le renforcement du statut de l’Organe international de contrôle des stupéfiants, qui surveille l’accomplissement par les États de leurs engagements anti-drogue dans le cadre de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961. A ce sujet, la délégation russe soumettra un projet de résolution qui, nous l’espérons, sera largement approuvé.

 

En marge de la session de la Commission sera organisée une activité encadrée par l’Organisation de coopération de Shanghai et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime afin de consolider les efforts communs de ces organisations dans la lutte anti-drogue.

5 Sur la situation actuelle en Syrie

SYRIE Carte-representant-zones-controle-Syrie-8-fevrier 2019 _0_729_707SYRIE Carte-representant-zones-controle-Syrie-8-fevrier 2019

Dans l’ensemble, nous estimons que la situation en Syrie est stable.

Les principaux foyers de tension qui persistent se situent à Idleb, dans le nord-est et dans le sud du pays.

Nous constatons une situation très dangereuse dans la zone de désescalade d’Idleb. Les terroristes de l’alliance Hayat Tahrir al-Cham, formée autour du Front al-Nosra, ont de fait pris le contrôle de toute la zone de désescalade au début de l’année. Les combattants ont intensifié leurs bombardements contre les positions des forces gouvernementales et élargissent leurs groupes offensifs sur les théâtres des opérations d’Alep, de Hama et des montagnes de Lattaquié (Hmeimim). Environ 370 épisodes de ce genre ont été enregistrés depuis le début de l’année, qui ont entraîné 20 morts et 70 blessés.

Dans ce contexte, des représentants des ministères russe et turc de la Défense poursuivent leur travail actif de concertation sur le paquet de mesures pour une mise en œuvre efficace et complète du mémorandum de Sotchi sur Idleb du 17 septembre 2018.

Nous espérons que la mise en pratique des ententes obtenues par nos militaires permettra de changer radicalement et de stabiliser la situation à Idleb et dans sa région, ainsi que de neutraliser la menace terroriste émanant de cette zone.

LGEAI BAGHOUZ  Le 2 mars 2019, deuxième nuit d’offensive pour reprendre Baghouz, dernière poche

Les unités des Forces démocratiques syriennes, soutenues par la coalition internationale contre Daech, poursuivent l’opération de nettoyage de la ville de Baghouz, à l’est de l’Euphrate.

SYRIE Dans la guerre qui secoue la Syrie depuis 2011, un enjeu reste majeur - le contrôle des terres agricoles 0601_Puissance_hydraulique_Syrie_Turquie_V2-990x927  SYRIE Dans la guerre qui secoue la Syrie depuis 2011, un enjeu reste majeur -> le contrôle des terres agricoles

La situation au nord-est de la Syrie est également compliquée par le fait que la population de souche de ces régions, notamment les Arabes sunnites, se prononce contre les actions des administrations locales kurdes, ce qui provoque régulièrement des affrontements armés et sanglants entres les Arabes et les Kurdes. Ces deux derniers mois, on a constaté environ 100 attentats qui ont tué près de 200 personnes et en ont blessé plusieurs centaines.

Dans le contexte des opérations terroristes menées par la coalition internationale à l’est de l’Euphrate, le fait que les États-Unis et leurs alliés ignorent la protection de la population civile en violant les principales normes du droit international, attire une attention particulière et suscite une préoccupation sérieuse.

 

syria-guide-map-sweida  Force spéciale russe à Sweida, non loin de Damas (Photo d’illustration) Mai 2017 – Note Sans a priori … choix fait d’une carte normale … routes,lacs,villes …

carte_syrie_relief_altitude_metre  Syrie …les reliefs …

L’un des signes de cet état de fait réside dans la situation catastrophique dans le camp de personnes déplacées d’al-Houl, situé dans la province de Hasseke.

Les civils fuient vers ce camp déjà surpeuplé depuis la province de Deir-ez-Zor, où la coalition non seulement bombarde les terroristes de Daech, mais porte aussi des frappes non-sélectives contre des sites d’infrastructure civile. Ainsi, la population d’al-Houl est passée de 10 000 à 47 000 personnes suite à l’afflux de personnes déplacées depuis les villes de Baghouz et de Hajin. Qui plus est, les personnes qui y arrivent après plusieurs journées de traversée du désert s’y installent sans tentes, matériel de couchage, vêtements chauds ni aucun produit de première nécessité.

Plus de 80 personnes, notamment des bébés âgés de moins d’un an, sont décédées depuis le début de l’année. Beaucoup de gens sont morts d’hypothermie. On constate dans le camp un déficit sévère d’aliments, d’eau potable et de médicaments. Les réfugiés souffrent d’infections respiratoires et entériques, de la leishmaniose, ainsi que de la tuberculose, de la polio ou encore de la lèpre.

Compte tenu de l’attention particulière de la communauté internationale pour la situation dans le camp de Roukban, nous sommes surpris par l’indifférence et l’omission de la crise à al-Houl. La négligence envers la situation catastrophique de ce camp ainsi que d’autres lieux d’hébergement de personnes déplacées en Syrie, est cynique – pour ne pas dire plus.

e camp de Roukban,1033797502  Le camp de Roukban,

En ce qui concerne le camp de Roukban, la Russie envisage d’accorder tout le soutien possible à la résolution définitive de ce problème. Il est, selon nous, nécessaire de faire des efforts pour démanteler ce camp et reloger ses habitants, ce qui correspond aux aspirations qu’ils ont clairement formulées lors d’un sondage spécial de l’Onu.

Le Ministère syrien des Affaires étrangères a exprimé sa volonté d’aider les habitants de Roukban à revenir à leur foyer dans les régions libérées du pays et d’assurer leur déplacement sécurisé depuis le camp.

Des lieux de séjour aménagés offrent toutes les conditions nécessaires pour l’accueil initial et l’hébergement des réfugiés dans leur ville d’origine. Ainsi, les provinces de Homs et d’Alep, aussi bien que les banlieues de Damas, ont mis à disposition des lieux d’hébergement pour environ 35 000 personnes et ont préparé des stocks d’eau, de médicaments et de produits de première nécessité. Qui plus est, les Syriens ont formé le 1er mars – en concertation avec les militaires russes – un convoi de bus pour évacuer les personnes déplacées.

Malheureusement, le refus des Américains de garantir sa sécurité au cours du déplacement dans la « zone de sécurité » de 55 km formée illégalement autour de la base militaire américaine d’Al-Tanf n’a pas permis de mettre en œuvre cette opération humanitaire.

Nous voulons néanmoins poursuivre le dialogue sur le camp de Roukban avec toutes les parties intéressées, notamment l’Onu, les États-Unis et la Jordanie, sans aucunes conditions préalables et sans politiser les aspects humanitaires de ce problème. Nous soulignons la nécessité de garantir et de mettre en œuvre le droit légitime de tous les réfugiés et personnes déplacées à revenir dans leur lieu de séjour permanent.    

une délégation syrienne menée par Hammouda Sabbagh Assemblée Avec la participation de la Syrie, début des travaux de la 29e session de l’Union parlementaire arabe tenue en Jordanie

En ce qui concerne l’aspect politique, il faut souligner les progrès positifs dans la normalisation des relations entre Damas et les pays arabes.

syrie jordanie siaffif-jordanie-5-3-2019 En marge de la 29e Conférence de l’Union interparlementaire arabe: Si. Afif Abdelhamid s’entretient avec le président de l’Assemblée du peuple syrien Hammouda Sabbagh, à gauche de la photo

Ainsi, une délégation syrienne menée par Hammouda Sabbagh, Président du Conseil du Peuple syrien, a pris part à la 29e conférence de l’Union interparlementaire arabe qui s’est déroulée du 3 au 4 mars à Amman. Selon les médias, Hammouda Sabbagh s’est entretenu avec Mohamed al-Halbousi, Président de la Chambre des députés de l’Irak, et Si Afif Abdelhamid, chef de la Commission de la coopération internationale de l’Assemblée populaire nationale d’Algérie.

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Le Président du parlement syrien s’est également entretenu en marge du forum avec Martin Chungong, Secrétaire général de l’Union interparlementaire, qui a notamment exprimé sa volonté de se rendre à Damas.

Moscou salue et soutient ce processus naturel et objectif de normalisation autour de la Syrie. Nous estimons que le retour de Damas au sein de la famille arabe et le rétablissement de son statut de membre de la Ligue arabe favoriseront encore la stabilisation et l’assainissement de la situation au Moyen-Orient.

Vous avez vu quels débats avaient eu lieu à l’Onu au sujet du rapport de la Mission de l’OIAC sur l’utilisation des armes chimiques en Syrie.

ANGLETERRE Karen Pierce, Ambassadrice britannique 1362235914001_5770406419001_5770404472001-vs  Karen Pierce, Ambassadrice britannique

Nous n’avons pas pu ignorer les propos de Karen Pierce, Ambassadrice britannique à l’Onu, qui a affirmé que la « négation du rapport par la Russie constituait un exemple du fait que la Russie orientait ses recherches dans des directions du type « la Terre est plate » ». Je voudrais dire à Mme Pierce que sa mauvaise éducation britannique lui a joué un tour.

Le fait est que la théorie de la « Terre plate » a été défendue le plus activement au Royaume-Uni, où on a même mis en place une société dédiée existant depuis le XIXe siècle.
Le travail de cette dernière n’a pas été arrêté au XX siècle, au contraire: il a atteint un nouveau niveau après avoir déménagé aux États-Unis. Apprenez d’abord l’histoire et les faits. Et on parlera après.              
6 Sur la situation au Venezuela

venezuela

Comme avant, les principales sources de déstabilisation proviennent de l’extérieur. Après s’être remis du fiasco de la « percée humanitaire » « à double fond » et ratée

(nous nous souvenons tous de ce que les médias ont écrit à ce sujet: l' »aide humanitaire » contenait des médicaments et des produits périmés, ainsi que du fil barbelé et du matériel pour la construction de barricades),

Washington s’est mis à promouvoir une nouvelle mise en scène.

  • Tout d’abord, avec une insistance qui aurait mérité d’être dirigée à meilleur escient, ils ont couvert le « premier voyage à l’étranger » du « président par intérim » qui était parti malgré l’interdiction de la Cour suprême.
  • Puis, avec moins d’énergie, ils ont commencé à brandir la menace de sanctions si quelque chose arrivait à ce monsieur à son retour chez lui.
  • Nous voyons que le gouvernement de Nicolas Maduro n’a pas cédé à la provocation, et que le visiteur a franchi le contrôle des passeports sans obstacles.
  • Le spectacle s’est poursuivi devant les caméras. Nous ne chercherons pas à deviner ce qui se passera ensuite dans cette mise en scène, mais c’est un spectacle sans fin, bien sûr.

Maintenant, parlons de choses plus sérieuses sortant largement du cadre non seulement du comportement d’un citoyen à part, mais également de la lutte politique vénézuélienne dans l’ensemble.

Après que les plans militaristes de l’establishment américain vis-à-vis du Venezuela ont été rejetés même par ses collaborateurs les plus proches parmi les pays latino-américains, qui ont fermement déclaré qu’une ingérence militaire extérieure était inadmissible, Washington n’a toujours pas écarté l’option d’une invasion militaire.

Une déclaration a été faite concernant la création d’une coalition pour changer le régime au Venezuela.

  • Ces derniers temps, les vols de l’aviation de reconnaissance américaine à proximité de la frontière vénézuélienne sont devenus plus fréquents.
  • L’administration américaine a intensifié ses contacts au niveau militaire avec les voisins du Venezuela.
  • L’amiral Craig Faller, chef du commandement Sud, se rend souvent dans cette région.

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L’amiral Craig Faller

Un plan B est élaboré en parallèle. Certains pays de la région – et même bien au-delà – connaissent parfaitement ce plan.

Il est question de la formation de groupes armés illégaux (nous en avons parlé pendant la dernière conférence de presse), de leur envoi sur le territoire du Venezuela pour mener une activité subversive, puis de la création de foyers de résistance pour tenter de plonger le pays dans un grand conflit intérieur.

Il est impossible de prédire quelle sera l’ampleur des conséquences migratoires si ce scénario était réalisé.

Les pays qui étudient la possibilité de mettre à disposition leur territoire pour former des combattants et entreposer des armes devraient y réfléchir.
  • Il ne faudra pas, ensuite, réunir des conférences internationales pour demander: « Que faire avec le flux migratoire en Amérique latine? ».

  • Ni essayer de répondre à la question rhétorique: « Comment sauver la région de l’Amérique latine? ».

De toute évidence, un travail subversif est déjà mené. Le gouvernement bolivarien parle ouvertement des plans de l’opposition radicale, soutenue depuis l’étranger, d’organiser des sabotages sur le territoire national avec des troupes de mercenaires constituées notamment par des militaires vénézuéliens qui ont déserté.
Ces derniers temps, on remarque une augmentation des incidents sur les sites d’infrastructure énergétique et de communication.

La pression des sanctions américaines continue de se renforcer. Tout est fait pour étouffer et faire saigner l’économie vénézuélienne. En fait, ce n’est rien d’autre qu’une tentative de blocus financier total du pays.

Les Vénézuéliens ont déjà été pillés depuis le Royaume-Uni. On a simplement volé l’argent.

VENEZUELA vicrepresidenta-de-venezuela-delcy-rodriguez-niega-839235-787762-jpg_604x0 Vicrepresidenta de Venezuela Delcy Rodríguez

C’est ce qu’a déclaré la Vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez lors d’une conférence de presse à l’issue de son entretien avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

En parallèle sont resserrés les boulons des sanctions. En fait, c’est une tentative de blocus financier total du pays.
Washington menace ouvertement de décréter des sanctions dites secondaires contre les compagnies et les citoyens non américains qui coopéreraient avec le gouvernement de Nicolas Maduro, dans l’espoir que la détérioration continue de la qualité de vie des citoyens et le blocage des mécanismes publics conduiront finalement à l’anarchie et au chaos.

La tâche principale de Washington à l’étape actuelle consiste à empêcher à tout prix la stabilisation de la situation politique au Venezuela, à empêcher ce que le peuple vénézuélien désire tant et dont il a tant besoin, et ce qu’au final veulent aussi les voisins vénézuéliens de la région.

  • Lors des pourparlers à Moscou, la Vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez a réaffirmé publiquement la disposition du président Nicolas Maduro à entamer un dialogue constructif avec l’opposition.
Nous soutenons la position sage du gouvernement légitime. Nous espérons que ce signal de bonne volonté sera perçu de manière adéquate par l’opposition vénézuélienne, qui cessera enfin de chercher un soutien extérieur à ses démarches douteuses du point de vue de la loi et dangereuses de par leur contenu, tout en rétablissant une activité politique active dans le pays dans le cadre de la Constitution vénézuélienne et en coopération avec les autorités officielles de ce pays.

Cette version du processus de paix serait saluée par la Russie et d’autres pays.

7 Sur le renforcement de la pression par les sanctions sur Cuba

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Nous remarquons avec inquiétude que les États-Unis ont décidé d’agir sur tous les fronts: tout en maintenant leur étranglement sur le Venezuela, ils s’en prennent actuellement à Cuba en faisant preuve de leur agressivité classique.

Il y a deux ans, on a eu l’impression qu’ils avaient commencé à développer des liens d’amitié. Les Américains avaient envoyé à la Havane plusieurs avions remplis d’hommes d’affaires, fait beaucoup de promesses, impliqué l’Europe en lui permettant de coopérer avec Cuba, serré des mains, s’étaient fait photographier… Mais quelque chose n’a pas marché, comme c’est toujours le cas.

Il est évident que Washington renforce sa pression sur les partisans les plus proches de Caracas et qu’à ce titre, il voit la Havane comme l’une des « dernières dictatures de la région » contribuant à détruire la démocratie vénézuélienne.

On a récemment constaté un nouvel exemple odieux de renforcement de l’embargo anti-cubain.

Le Département d’État américain a annoncé sa décision de permettre aux citoyens américains de porter plainte – à partir du 19 mars – contre environ 200 sociétés et entreprises publiques cubaines figurant sur la liste des entités sanctionnées par Washington.

LA+LOI+HELMS-BURTON+En+vigueur+depuis+1996. ETC… Lire La saga de la loi Helms-Burton : liberté de commerce versus … – Érudit source/  44 pages   https://www.erudit.org/en/journals/cd1/1998-v39…/043515ar.pdf

 Cette initiative est légitimée par la levée partielle du moratoire sur la mise en œuvre de la troisième section de la loi Helms-Burton, prévoyant l’utilisation de mesures coercitives extraterritoriales contre des personnes physiques et morales étrangères utilisant la propriété nationalisée à Cuba.      

La loi Helms-Burton a été adoptée en 1996 au plus fort d’une nouvelle campagne anti-cubaine à l’initiative de deux congressistes américains – dont la loi porte le nom – connus pour leurs opinions conservatrices et d’extrême-droite. En même temps, l’administration américaine a estimé pendant plus de 20 ans qu’il était inutile de mettre en pratique la troisième section de ce texte compte tenu d’une éventuelle réaction très négative à cette initiative, notamment de la part des milieux d’affaires de l’Europe, de l’Amérique latine et d’autres régions du monde.

Aujourd’hui, l’attitude de Washington a visiblement changé de manière radicale. Nous constatons une nouvelle tentative illégitime des États-Unis de bloquer Cuba dans le domaine économique, de dresser des barrières supplémentaires pour perturber le développement économique de la république en pleine transformation.

Les analyses du développement et des problèmes économiques de Cuba et du Venezuela, que j’entends et que je lis, me semblent absolument ridicules. Je voudrais poser la question suivante:

  • quel serait l’évolution de l’économie des États-Unis si Washington faisait face ne serait-ce qu’à 10% des sanctions, des limitations et des embargos que ces pays subissent?

Son économie serait anéantie. Il faut bien comprendre dans quelles conditions les peuples de ces pays vivent et tentent de survivre.

Nous constatons donc un nouvel exemple de « deux poids, deux mesures ». Nous entendons en permanence des propos de Washington sur la nécessité d’engager des réformes à Cuba. Il ne faut donc pas empêcher les Cubains de le faire! Ils peuvent eux-mêmes tout mettre en ordre et lancer les réformes nécessaires.

La majorité écrasante des responsables de la communauté internationale, y compris la Russie, s’est prononcée à plusieurs reprises contre le blocus américain de Cuba qui est une réminiscence de la Guerre froide et un témoignage de l’attitude impérialiste renaissante de Washington.

C’est un élément d’une campagne visant à renverser les régimes indésirables en Amérique latine par une ingérence dans leurs affaires intérieures, un diktat dans le même registre que la doctrine Monroe, dont l’utilisation, voire la simple mention, est absolument inacceptable dans le contexte actuel.  
8 Sur la Situation au Nicaragua

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Nous suivons attentivement l’évolution de la situation au Nicaragua.

nicaragua Le président du Nicaragua, Daniel Ortega 2018-07-08t051323z_1159762991_rc1fe5fea470_rtrmadp_3_nicaragua-politics_0 Le président du Nicaragua, Daniel Ortega

Nous saluons le fait que les parties ont repris le 27 février le dialogue national visant – dans le contexte de la feuille de route des négociations rédigée par les parties – à définir un algorithme stable de résolution des problèmes existants. Nous avons une estimation positive des efforts constructifs du gouvernement sandiniste pour la recherche de moyens efficaces de stabiliser la situation intérieure dans le pays.

L’une des mesures concrètes dans ce sens a été la libération de plus de 100 détenus arrêtés pour leur participation aux troubles et aux affrontements armés.   

Nous sommes absolument certains que toutes les divergences intérieures doivent être résolues par les Nicaraguayens par la voie des négociations et sans aucune ingérence extérieure. Nous appelons les membres responsables de la communauté internationale à favoriser la compréhension mutuelle entre les différentes forces politiques au Nicaragua, à rejeter les menaces pour l’État et la souveraineté nicaraguayens et à éviter la rhétorique « pseudo-démocratisante ». 

9 Sur la situation dans le Donbass

 

La situation en Ukraine continue de s’aggraver. Dans leur combat pour conserver le pouvoir, les autorités de Kiev continuent de se faire passer pour les victimes de la prétendue « agression russe ». Cette attitude se double d’un sabotage ouvert des Accords de Minsk, ce qui suscite évidemment de sérieuses craintes chez nous.

Des politiciens occidentaux se rendent de plus en plus souvent dans le Donbass pour soutenir Kiev. Ainsi, 10 délégations étrangères s’y sont rendues en février, et déjà trois pendant la première dizaine de mars.

Impossible de ne pas remarquer qu’à l’approche de telles visites dans le Donbass, on constate systématiquement, comme sur ordre, une aggravation de la situation.
NORVEGE Norwegian Ambassador to Ukraine Ole T. Horpestad speaks with the Kyiv Post at the Norwegian Embassy in Kyiv on Jan. 21, 2019. 06_PET_0617_новый-размер-1600x1040 Norwegian Ambassador to Ukraine Ole T. Horpestad speaks with the Kyiv Post at the Norwegian Embassy in Kyiv on Jan. 21, 2019.

La Mission spéciale d’observation (MSO) de l’OSCE avait noté une diminution du nombre de violations du cessez-le-feu sur la ligne de démarcation entre les 8 et 12 février, mais, à la veille de la venue de l’Ambassadeur de Norvège Ole T. Horpestad (13 février)

FRANCE EN UKRAINE l'Ambassadrice de France Isabelle Dumont maxresdefault

et de l’Ambassadrice de France Isabelle Dumont (14 février) dans la zone de ladite opération interarmées des forces unies (OFU), la situation a radicalement changé.

Dans la matinée du 13 février, les observateurs internationaux ont constaté une hausse significative des bombardements. Rien qu’à Donetsk, le nombre d’explosions est passé de 30 – lors des journées précédentes – à 430.

USA Joni-Ernst-44-ans-la-Sarah-Palin-de-l-Iowa_exact1900x908_l la sénatrice américaine Joni Ernst

La même situation a été observée pendant le voyage de « familiarisation » de la sénatrice américaine Joni Ernst dans le sud-est de l’Ukraine (20 février).

Ainsi, deux jours avant son arrivée dans le Donbass, le 18 février, le rapport de la mission constatait une réduction du nombre de tirs, mais à partir du 19 février leur nombre a été multiplié par plus de cinq – de 90 à 475 le 20 février – dans la région de Donetsk.

USA UKRAINE l'attaché militaire 640x428 US Army delegation headed by Defense Attaché Wofford visits Ukraine troops’ outposts in Donbas

La visite à Marioupol de l’attaché militaire auprès de l’ambassade des États-Unis en Ukraine, Thomas Wofford, le 4 mars, a également été marquée par une aggravation de la situation.

Ce jour-là, l’artillerie de la 79e brigade des forces armées ukrainiennes a bombardé le village de Sakhanka situé à 24 km de Marioupol, tuant un civil. Ce n’était pas le seul bombardement visant Sakhanka la semaine dernière. Le 1er mars, des mortiers ont bombardé le quartier d’une école en fonctionnement. Par un heureux hasard, aucun enfant n’a été touché.
On a l’impression que le commandement militaire ukrainien provoque intentionnellement une aggravation de la situation dans le Donbass à des fins propagandistes à la veille de la visite d’« hôtes » étrangers. En voulant montrer des preuves de la prétendue « agression russe », Kiev met en péril la vie de ses citoyens et détruit des sites civils.

Le cas de la commune de Kominternovo, qui rien qu’en mars a été bombardée 10 fois par les unités de la 79e brigade ukrainienne, est particulièrement révélateur. 9 maisons et un bâtiment administratif ont été détruits.

Cette information est confirmée par les observateurs de la MSO de l’OSCE, qui ont constaté le 3 mars à Kominternovo les dommages infligés aux sites d’infrastructure civils suite aux tirs de l’artillerie ukrainienne. Le 5 mars, cette dernière a endommagé la ligne à haute tension près de Kominternovo, privant d’électricité plus de 1 500 civils.

L’armée ukrainienne continue de tirer en direction de la station d’épuration de Donetsk.

UKRAINE .. l'armée ukrainienne s'acharne particulièrement sur deux points de la ligne de front - la périphérie de Gorlovka, et la station d'épuration de Donetsk.gloubokaya-16052018.640x0-is .. l’armée ukrainienne s’acharne particulièrement sur deux points de la ligne de front : la périphérie de Gorlovka, et la station d’épuration de Donetsk.

Ainsi, le 3 mars, la MSO de l’OSCE a constaté 51 explosions d’obus à proximité directe de la station, qui alimente en eau potable non seulement la population de la DNR, mais également les habitants du territoire de la région de Donetsk contrôlé par Kiev.

OSCE la MSO de l'OSCE 223241

Nous appelons la MSO de l’OSCE à intensifier son activité d’observation dans le Donbass. Il ne faut pas des informations fragmentaires, mais une vision complexe des préparatifs militaires de l’armée ukrainienne. Il faut clairement déterminer la partie qui provoque l’aggravation de la situation et les bombardements, leurs conséquences en termes de victimes civiles et de destruction de l’infrastructure civile. Nous exigeons de la MSO un rapport thématique détaillé à ce sujet.

10 Sur les tentatives de falsification de l’histoire en Ukraine

 

Les autorités de Kiev continuent de mener une politique ciblée pour falsifier l’histoire du pays.

Nous avons remarqué le rapport annuel récemment publié par l’Institut ukrainien de la mémoire nationale – la principale institution d’Ukraine qui, sous le slogan de la renaissance de la spiritualité ukrainienne, s’adonne en réalité à une propagande antirusse effrénée et crée des mythes historiques.

Holodomor Memorial in Kiev1457046727831 Holodomor Memorial in Kiev

D’après ce document, les principaux domaines d’activité de cette structure en 2018 étaient l’édition et la diffusion d’innombrables brochures à caractère nationaliste et russophobe, l’organisation d’activités pour honorer la mémoire des victimes de l' »holodomor », le travail pour glorifier les adeptes des bourreaux nazis de l’OUN-UPA, et l’élaboration d’actes législatifs dans le domaine de la décommunisation.

En 2019, l’institution compte, entre autres, lutter contre les « mythes historiques » russes, ou encore honorer la mémoire des prétendues « victimes » de la « guerre russo-ukrainienne » inventée par les autorités actuelles de Kiev.

Sur cette toile de fond paraît déjà habituel l’état de « russophobie clinique » dans lequel se trouve en permanence l’État ukrainien. Au lieu de se pencher sur le règlement des problèmes accumulés dans le pays, le Président ukrainien Petro Porochenko parle à tous les coins de rue d’une agression russe fantôme et appelle à « tourner la page sur Stepan Bandera et l’UPA ». Le Ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavel Klimkine raconte des fables qu’il a lui-même inventées sur l’« origine ukrainienne » de la Russie et de la Biélorussie.

Dans l’ensemble, le révisionnisme historique pris pour base de la politique nationale ukrainienne contribue directement à une propagation rapide du nationalisme agressif, de la xénophobie et du néonazisme en Ukraine.

Les conséquences de ces processus sont flagrantes: des casseurs fascisants glorifiant l’UPA défilent librement dans les rues des villes ukrainiennes en profanant les mémoriaux militaires et en offensant les vétérans. Le Ministère ukrainien de l’Intérieur, au lieu de faire face à ces délinquants, force ses collaborateurs à glorifier publiquement Stepan Bandera.
Les tentatives actuelles de glorifier les collaborateurs nazis et d’attirer de nouveaux adeptes des bourreaux de l’UPA en Ukraine ne suscitent toujours pas de réaction adéquate de la part des superviseurs de Kiev. Apparemment, ils soutiennent directement la ligne de transformation de l’Ukraine en un État mono-ethnique à la mémoire « nettoyée ».

Cependant, l’Occident et Kiev préfèrent manifestement ne pas remarquer le danger des tentatives de transformer l’histoire en une arme politique et idéologique, qui ne mènent qu’à l’approfondissement de la division de la société ukrainienne et éloignent les perspectives d’un règlement pacifique du conflit ukrainien dans le sud-est du pays.

11 Sur la situation autour du Traité FNI

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Le 4 mars, le Président russe Vladimir Poutine a signé un Décret sur la suspension de la mise en œuvre du Traité FNI par notre pays.

Cette démarche a été entreprise suite à la décision de Washington de se retirer de cet accord, et après que tous les efforts entrepris par la Russie pour le sauver ont été de facto bloqués ou directement rejetés par la partie américaine.

Au lieu d’une discussion professionnelle et substantielle sur les questions problématiques autour du Traité FNI – sur laquelle insistait la Russie – les États-Unis ont lancé contre la Russie une campagne de propagande agressive absolument infondée, basée sur une interprétation malveillante et un mensonge flagrant. Malheureusement, nous ne constatons aucun signe d’évolution de cette position destructive de Washington.
Sur cette toile de fond, nous constatons que les États-Unis n’ont toujours pas fait le nécessaire pour remédier aux violations de leurs engagements dans le cadre du Traité FNI.

Il est avant tout question du déploiement au sol de systèmes de lancement Mk-41 qui permettent de tirer des missiles de croisière, ce qui est formellement interdit par le Traité.

Il n’y a aucun changement non plus concernant les « missiles-cibles » utilisés par les Américains et présentant les mêmes caractéristiques que les missiles sol-sol de courte et de moyenne portée. La même chose concerne l’usage de drones d’attaque tombant sous la définition de « missile de croisière terrestre ».

Au final, partant de la nécessité de prendre des mesures immédiates afin de garantir sa sécurité nationale suite à la violation du Traité par Washington, la Russie l’a suspendu jusqu’à ce que les Américains remédient aux violations commises ou à la cessation de l’accord.

Le Ministère russe des Affaires étrangères a envoyé une notification à ce sujet le 5 mars à tous les États membres du Traité FNI: les États-Unis, le Belarus, le Kazakhstan et l’Ukraine.

USA Des tirs d'essai de missiles THAAD 1023312916 Des tirs d’essai de missiles THAAD

Comme l’a déclaré le Président russe le 2 février, notre pays réagira symétriquement à toutes les actions des États-Unis liées aux missiles de courte et de moyenne portée.

Nous laissons ouverte la possibilité d’un dialogue substantiel si Washington modifiait sa ligne contreproductive et respectait le Traité FNI.

12 Sur la relance des débats publics concernant la reprise des essais nucléaires aux États-Unis

 

Plusieurs médias américains ont suggéré récemment la nécessité de relancer les essais nucléaires américains. Ainsi, un article publié récemment par John Hopkins et David Sharp du laboratoire de Los Alamos, ainsi que les publications de Robert Monroe, ancien chef du département du Pentagone spécialisé sur ces questions, ont mis en avant l’impossibilité de garantir l’efficacité et la fiabilité du potentiel stratégique nucléaire des États-Unis.

  • Nous considérons ces publications comme des mesures visant à imposer à l’opinion publique américaine l’idée selon laquelle les essais nucléaires seraient une nécessité inévitable et que la sécurité nationale des États-Unis pourrait être menacée s’ils n’étaient pas menés.
  • Cette logique s’inscrit dans la ligne de Washington visant à recréer progressivement les conditions nécessaires pour une reprise éventuelle des essais nucléaires.
  • Ce contexte éclaircit le refus des États-Unis de ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et l’activation des préparatifs du polygone d’essai du Nevada.

Ces actions suscitent des doutes de plus en plus forts concernant la volonté des États-Unis de respecter le moratoire sur les essais nucléaires en vigueur depuis 1992.

Le régime de vérification du TICE
Le traité prévoit la création d’un Système de Surveillance International (SSI), destiné à permettre la détection, la localisation et la confirmation de tout essai nucléaire supérieur à une kilotonne, en tout point du globe et quel que soit le type de tir. Il s’agit d’un réseau composé de 321 stations de détection (et de 16 laboratoires d’analyses de radionucléides), réparties sur toute la planète, dont plus de 85 % étaient installées en 2013 et dont les données sont transmises au pays qui en assure la responsabilité ainsi qu’à un centre international de données basé à Vienne. La France est responsable de 24 stations de ce réseau.
Le SSI comprend 4 types de stations qui diffèrent par la technique de détection utilisée :

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Le traité prévoit l’installation de 321 stations de détection dans le monde

- 170 stations sismiques
- 80 stations radionucléides
- 60 stations infrasons
- 11 stations hydroacoustiques
Bien qu’inachevé, ce régime, pour lequel l’effort financier s’est d’ores et déjà élevé à plus d’un milliard de dollars, a fait la preuve de son efficacité à l’occasion des trois essais nucléaires revendiqués par la Corée du Nord.
Alors que la mise en place du réseau se poursuit, l’enjeu principal réside dans la construction des dernières stations (situées dans des zones difficiles d’accès ou sur le territoire de pays non signataires du Traité) et dans la maintenance des stations, dont certaines sont en place depuis plus de dix ans. L’effort financier des pays signataires du TICE, relativement modeste, doit donc être maintenu. La contribution française était, en 2013, de l’ordre de 5 millions d’euros.
Le TICE prévoit également la mise en place d’un mécanisme d’Inspections sur place qui doit permettre le déploiement automatique d’une équipe internationale d’inspecteurs en cas de soupçon de violation du traité par un État partie. Un « exercice intégré de terrain » (IFE14) sera organisé en novembre 2014 en Jordanie doit permettre d’évaluer les progrès dans la mise au point de cet outil.
Ajout de Sans a priori > https://www.francetnp.gouv.fr/le-traite-d-interdiction-complete-des-essais

La politique de Washington torpille les efforts internationaux en faveur de la mise en œuvre du TICEN, mais ouvre aussi la voie vers une nouvelle étape de la course aux armements nucléaires.

13 Sur les actions hostiles des autorités tchèques à l’encontre d’un représentant du Ministère russe des Affaires étrangères

TCHEQUE Le Ministre des Affaires étrangères tchèque Monsieur Lubomír Zaorálek arton4574 Le Ministre des Affaires étrangères tchèque Monsieur Lubomír Zaorálek

Un haut responsable du Ministère russe des Affaires étrangères, qui s’était rendu le 4 mars à Prague afin de prendre part aux consultations d’experts sur les problèmes de l’immobilier russe en Tchéquie, a appris à l’aéroport de la capitale tchèque qu’il figurait sur la liste des personnes interdites de séjour en République tchèque et qu’il ne pouvait donc pas traverser la frontière. Il n’a pu obtenir aucune explication supplémentaire. Le diplomate russe a été contraint de revenir à Moscou.

Nous considérons cet incident comme un exemple criant de l’attitude peu amicale des Tchèques, qui ont fait fi des normes élémentaires du bon comportement diplomatique.

La situation est encore aggravée par le fait qu’il s’agit d’une démarche cynique et préméditée, engagée à l’initiative du Ministère tchèque des Affaires étrangères contre un confrère qui est directement responsable des relations bilatérales.
Qui plus est, cet incident a eu lieu à la veille d’une réunion de la Commission intergouvernementale russo-tchèque pour la coopération économique, industrielle, scientifique et technique à Prague, pour laquelle avait été préparé un ordre du jour positif.
Nous regrettons que la volonté de plaire aux forces antirusses intérieures ou extérieures pousse Prague à utiliser de plus en plus souvent les techniques provocatrices de l’arsenal des « guerres de visas » contre les diplomates russes.
De telles attaques conflictuelles ne resteront évidemment pas sans réponse côté russe. La responsabilité de toutes les éventuelles répercussions négatives de cette politique menée contre la Russie incombe complètement aux initiateurs des campagnes de ce genre.   
14 Sur les fausses informations des médias concernant l’immobilier russe en République tchèque

TCHEQUE Vue de la rivière Vltava à Prague, République Tchèque. la-riviere-vltava-qui-traverse-prague_5883863Vue de la rivière Vltava à Prague, République Tchèque.

On constate depuis quelques jours différentes insinuations diffusées dans l’espace médiatique concernant l’immobilier russe en République tchèque. Les commentaires à ce sujet s’appuient sur certaines sources locales qui altèrent les faits et dénaturent les données.

La situation réelle est la suivante.

  • Il existe à Prague quatre immeubles résidentiels dont le statut fait actuellement l’objet de négociations entre les experts des deux pays.
  • Nos partenaires tchèques n’ont formulé aucune prétention concernant l’utilisation de ces sites.
  • Les recherches d’une solution équilibrée sont menées en tenant compte du principe de réciprocité par rapport aux bâtiments similaires de la République tchèque à Moscou.

Les journalistes tchèques ont fait couler beaucoup d’encre sur les sites russes en République tchèque. Mais nous leur proposons d’étudier la question des bâtiments tchèques en Russie. C’est un sujet très intéressant.

Prague a accueilli du 4 au 5 mars un nouveau cycle des pourparlers sur l’immobilier, qui a permis aux parties de rapprocher leurs positions en ce qui concerne la définition du statut et les bases juridiques du fonctionnement et de l’utilisation des sites susmentionnés.

  • On ne sait pas pourquoi il a fallu présenter de cette manière et altérer dans les médias cet ordre du jour positif, cette résolution de problèmes par les moyens juridiques traditionnels pour les diplomates.
  • On ne comprend pas non plus pourquoi certains ont voulu gâcher ce bilan constructif et disséminer de fausses informations.  
15 Sur les nouvelles attaques des autorités françaises contre les médias russes en France

FRANCE Decision-sur-un-possible-referendum-vraisemblablement-apres-le-grand-debat-indique-Benjamin-Griveaux Benjamin Griveaux

Nous avons remarqué la publication par Le Parisien d’une interview du porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux, dans laquelle il critique de nouveau la chaîne Russia Today et l’agence Sputnik.

Outre les accusations d’ingérence des médias russes dans les processus électoraux et de propagation de fakes news – devenues habituelles pour l’establishment politique français – il parle des événements politiques intérieurs.
Premièrement, si vous luttez contre les fakes – or nous savons que la France « donne le la » dans ce processus – présentez au moins une seule preuve que Russia Today, Sputnik ou un autre média de Russie ou d’un autre pays
  • n’a pas correctement couvert un sujet,
  • a publié des désinformations ou des informations non vérifiées,
  • a reçu un démenti mais n’a pas jugé utile d’y apporter des corrections.
  • Y a-t-il des preuves?

  • Ou allons-nous seulement entendre des déclarations sans fin des représentants du palais de l’Élysée?

A la question « Des ingérences étrangères sont-elles à craindre pour les élections européennes? », le porte-parole du gouvernement français a comparé de facto Russia Today et Sputnik à la « fachosphère » et à la « patriosphère »:

« Tout dépend de ce qu’on appelle ingérence. Ce que nous avons observé dans la campagne présidentielle de 2017, c’est le rôle influent sur les réseaux sociaux de deux « familles », la patriosphère et la fachosphère. Toutes deux sont très proches des médias Sputnik et RT, financés à 100 % par le Kremlin, qui ont émergé en bonne part grâce au soutien de cette fachosphère. »
Je rappelle que cela fait plus d’un mois que nous attendons la réaction des autorités françaises à la note diplomatique russe demandant de confirmer ou de démentir la déclaration du Président français Emmanuel Macron dans l’hebdomadaire Le Point, par laquelle le président de la République, qualifiant l’agence Sputnik et Russia Today France de médias « pro-Kremlin », les a placés sur le même rang que les représentants de courants politiques radicaux, notamment ultranationalistes.

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Ce genre de déclarations du porte-parole du gouvernement français nous laisse peu d’options pour compter sur une imprécision ou un lapsus du Président dans l’interview au Point.

Il s’agit manifestement d’une persécution systématique des médias russes en France. Il est impossible, d’une part, de lutter contre les fakes et la désinformation, et, de l’autre, de persécuter les médias. Cela n’existe pas.

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Mais les responsables français ne se limitent pas aux accusations. Il a été annoncé que le régulateur médiatique français (CSA) cherchait à faire cesser la coopération entre la station radio parisienne indépendante Aligre FM et la radio Sputnik France.

Le régulateur a appelé la radio à accélérer le processus de rupture de l’accord avec Sputnik, prévue pour fin 2019.

 

C’est un contrôle manuel sur les médias. L’ordre est évident. C’est un ordre du gouvernement français exécuté par des structures soi-disant indépendantes.

En l’absence de telles interviews et déclarations, de récits concernant des rencontres à huis clos, nous aurions encore pu nous demander s’il s’agissait effectivement d’une volonté de médias indépendants de ne pas coopérer avec des partenaires russes. A présent, il n’y a plus de doutes. C’est un ordre politique, qui est appliqué.
Une nouvelle fois, nous assistons à une tentative des autorités françaises de limiter par tous les moyens l’activité des médias russes dans le pays, en exerçant une pression directe sur leurs partenaires français et en créant autour de notre presse une atmosphère de « toxicité » et de méfiance.
  • Nous voudrions entendre à ce sujet les commentaires des structures internationales compétentes et des ONG des droits de l’homme.
  • Nous transmettrons ces informations à l’OSCE.
  • Nous attendons des appréciations pour savoir dans quelle mesure il est légal d’exercer une pression directe sur une radio parisienne indépendante pour la forcer à rompre plus rapidement ses liens de partenariat avec des médias russes, si l’on peut parler de respect des principes de liberté d’expression et de l’indépendance de la presse.

Nous soulignons que nous enregistrons minutieusement tous les actes de discrimination de ce genre pour les transmettre aux structures internationales compétentes.

Comme nous l’avons déclaré à plusieurs reprises, nous ne voudrions pas recourir à des contremesures forcées contre les médias français qui continuent d’exercer leur activité professionnelle en Russie sans éprouver la moindre difficulté, malgré ce qu’affirment certains articles absurdes contenant notamment des éléments de fake et de désinformation. Nous avons toujours préféré agir différemment: ne pas utiliser de leviers administratifs, ne pas recourir aux interdictions, mais répondre dans l’espace public, publier des démentis, envoyer des réponses appropriées, publier des articles, donner des interviews. On se demande vraiment pourquoi la France ne veut pas en faire de même. Elle craint quelque chose.

J’ai apprécié le reportage d’Euronews indiquant que mercredi, le Haut Commissaire aux droits de l’homme avait appelé les autorités françaises à mener une enquête rigoureuse sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force par les forces de l’ordre.

Il est question de la violence envers les « Gilets jaunes ». Michelle Bachelet a ajouté que les manifestants défendaient leurs droits économiques et leur droit à participer aux affaires de l’État.

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Le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux a déclaré que
« seulement à l’issue d’une enquête il sera possible de dire s’il existe des écarts à la norme, s’il faut changer des éléments dans le mécanisme ».

J’ai une question: si, dans un cas, il faut des enquêtes et leurs résultats, et que seulement après des décisions peuvent être prises, alors pourquoi dans d’autres cas, notamment concernant la chaîne Russia Today et Sputnik, on ne présente ni des résultats d’enquête ni même la moindre information à ce sujet?

16 Sur la légalisation du cannabis non-médical aux Pays-Bas à titre expérimental

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Le Parlement néerlandais a récemment lancé la procédure d’autorisation législative qui découlera sur la légalisation de la production et de la distribution du cannabis à des fins non-médicales dans le cadre d’une « expérimentation » de quatre ans.

De telles actions auront de graves répercussions. Elles affaibliront notamment le contrôle public de la propagation des stupéfiants. Dans le sillage des actions irresponsables de l’Uruguay, du Canada et de la Géorgie, la politique néerlandaise dans le domaine du contrôle des stupéfiants pourrait constituer un nouveau défi pour la communauté internationale défendant l’idéal d’un monde « libéré des drogues ».

La mise en pratique de ces idées renforcera l’érosion du droit international dans ce domaine et mettra en doute le principe de pacta sunt servanda («les conventions doivent être respectées»), qui est l’un des piliers du droit international.

l'Organe International de Contrôle des Stupéfiants à Vienne, home_4_v2 l’Organe International de Contrôle des Stupéfiants à Vienne,

Cela affectera également l’efficacité de la coopération internationale anti-drogue et renforcera le trafic de stupéfiants dans les pays voisins, notamment ceux qui respectent rigoureusement les trois principales conventions internationales en matière de lutte contre la drogue.

Selon l’Organe international pour le contrôle des stupéfiants, la légalisation éventuelle de l’utilisation du cannabis à des fins non-médicales constitue une menace sérieuse pour la santé de la population, notamment des jeunes, torpille les bases juridiques internationales du contrôle des stupéfiants et crée un nouveau précédent dangereux du point de vue du respect de l’ordre global, en ouvrant la voie aux autres pays et en les incitant à suivre cet exemple.
OICS ANTI DROGUE arton1395  Élection de M. Bernard Leroy au Conseil de l’Organe international de (…) – Représentation permanente de la France auprès des Organisations Internationales
  • Nous considérons comme infondés les arguments de La Haye selon lesquels le projet débattu s’inscrirait dans le cadre des conventions anti-drogue pour la lutte contre la criminalité, la protection de l’ordre public et le renforcement de la base scientifique appropriée.
  • Nous estimons que de telles expériences sur la santé et la sécurité de ses propres citoyens pourraient se solder par la perte de contrôle du marché des drogues commerciales. Il y a des raisons de penser que ces mesures visent tout d’abord à élargir la production de cannabis au niveau industriel et de transformer l’industrie de la drogue en source de revenus budgétaires.

Dans ce contexte, nous voudrions appeler les autorités néerlandaises à étudier en détail tous les arguments contre cette politique et à renoncer à la promotion de leur expérience « narcolibérale » allant à l’encontre des normes du droit international.

Une décision constructive de La Haye serait encore plus importante à l’approche de la 62e session de la Commission des stupéfiants de l’Onu, qui se déroulera du 14 au 15 mars et devrait confirmer au niveau ministériel l’attachement de tous les États au principe de responsabilité commune et conjointe dans la résolution du problème mondial des stupéfiants.

Réponses aux 23 questions:

 

1 Question: La Russie entreprendra-t-elle des mesures concrètes afin de protéger ses investissements au Venezuela?

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Réponse: Merci de vous soucier des investissements russes. Je voudrais souligner que quelque chose vous lie aux journalistes américains: l’une de leurs principales questions porte sur l’avenir des investissements russes au Venezuela. Nous sommes très reconnaissants à tout le monde pour cette attention. Nous faisons tout le nécessaire pour les protéger.
Je voudrais remarquer que nous entreprenons avant tout des efforts visant à protéger l’État vénézuélien, à éviter une guerre civile de grande envergure dans ce pays et à maintenir les institutions de pouvoir conformes à la Constitution de ce pays. Nous lançons à ces fins des initiatives politiques, notamment des négociations. Nous coopérons avec nos collègues et nos partenaires.    
Nous envoyons une aide humanitaire – dont le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a récemment parlé à ses homologues occidentaux. La Russie a souligné que la baisse des tensions au Venezuela et la prévention d’un scénario négatif nécessitaient l’octroi d’une aide humanitaire.
Nous parlons ici d’une aide réelle – c’est-à-dire d’aliments, de médicaments et de toutes les autres choses nécessaires pour les civils qui veulent résoudre la crise et développer leur pays – et pas de fil barbelé ou d’éléments de barricades.
Nous affirmons au sein des organisations internationales le caractère inacceptable de la planification d’un scénario militaire dans cet État, sans parler de sa mise en œuvre.
2 Question: La Russie et le Japon ont récemment organisé des négociations au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères. Dans ce contexte, je voudrais demander si le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov envisage de se rendre au Japon en mars 2019.

 Réponse: Le calendrier du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov n’inclut pas, pour le moment, une telle visite. Nous vous présenterons toutes les informations nécessaires si cela était appelé à changer.

3 Question: Cette semaine a marqué le 10e anniversaire du « redémarrage » des relations russo-américaines qui n’ont, en fait, pas redémarré. A votre avis, que faut-il faire pour enclencher un véritable redémarrage des relations bilatérales?

10e anniversaire du redémarrage des relations russo-américaines 60205

Réponse: Malgré la tentation d’utiliser de tels coups de com’, qui sont bien en apparence mais n’ont rien derrière, il faut tout de même parler du fond de la question. Avec le développement des médias et des technologies de communication, nous voyons comment on a tenté de régler de nombreux problèmes mondiaux, crises ou questions de cette manière, d’un coup, sous une belle image avec une belle présentation – cela ne menait à rien. Les exemples sont nombreux. Ces dernières semaines indiquent également qu’un plantage de drapeaux et une campagne médiatique massive ne peuvent pas régler les problèmes mondiaux. C’est pourquoi il ne s’agit pas tant d’organiser une nouvelle belle campagne de communication avec des boutons et des inscriptions, mais plutôt de faire revenir les États-Unis dans le cadre du droit.

Les actions dans le champ juridique avec un respect inconditionnel du droit international de la Charte de l’Onu, aussi ennuyeux et peu à la mode que cela puisse paraître, sont précisément la bonne prescription à remettre à Washington.

Et c’est alors, je pense, que non seulement un dialogue à part entière se rétablirait sur l’axe russo-américain, mais également que bien d’autres questions « insolubles » de l’agenda mondial avanceraient.

4 Question: L’Onu peut-elle prendre des mesures plus résolues pour aider à régler les problèmes du camp de réfugiés de Roukban?

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Réponse: Oui, l’Onu pourrait certainement le faire. Nous estimons que non seulement l’organisation internationale, mais aussi toutes ses institutions qui s’occupent des problèmes humanitaires, des réfugiés et des personnes déplacées, pourraient favoriser activement la résolution de cette situation. C’est absolument évident. Nous maintenons nos contacts et utilisons ce mécanisme non seulement pour présenter notre position, mais aussi pour mettre en œuvre ce dont nous parlons.

5 Question: Vous avez déjà mentionné partiellement le thème du camp de réfugiés de la province de Hassaké. Cette zone se trouve sous la responsabilité de la coalition internationale, mais la Russie est présente en Syrie de manière légitime. Entreprend-elle des démarches concrètes à ce sujet?

 Réponse: Que sous-entendez-vous par « démarches concrètes »? Nous parlons de tout un programme, que nous proposons à nos partenaires et que nous réalisons. Certaines choses réussissent, d’autres non parce que, comme vous l’avez noté justement, sur le terrain tout se trouve sous le contrôle de la coalition menée par les États-Unis. Nous avons des choses à proposer aussi bien sur le plan théorique que dans le contexte des actions sur le terrain avec l’implication des structures de l’Onu.

6 Question: Le chef d’état-major des forces armées russes Valeri Guerassimov et le président du Comité des chefs d’état-major des États-Unis Joseph Dunford, se sont rencontré et ont conclu une entente sur la coordination des actions russes et américaines en Syrie. Il était notamment question de la situation après le retrait des forces américaines de la rive Est de l’Euphrate. Y a-t-il un risque qu’après le départ des Américains des forces tierces puissent contrôler cette région, par exemple la Turquie ou les forces gouvernementales?

RUSSIE Valeri Guerassimov 1021161042 Valeri Guerassimov

USA Joseph Dunford ryan_marines2_met Joseph Dunford

Réponse: Premièrement, nous partons du principe que tous les contingents et forces armées qui resteront sur le terrain en Syrie devront s’y trouver uniquement avec l’accord du gouvernement syrien – c’est notre position traditionnelle. Si Damas le souhaite, alors qu’il en soit ainsi. C’est pourquoi il faut régler ces questions directement avec Damas.

En partant de la formulation de votre question, je pense que s’il devait y avoir des craintes, ce serait par rapport au fait que Washington change à nouveau d’avis. Toutes les promesses, affirmations et autres explications des USA, malheureusement, changent souvent peu de temps après. C’est pourquoi nous partons du principe que si Washington donne des garanties ou des explications concernant ses manœuvres sur le terrain, elles seront d’actualité au moins à moyen terme et qu’un nouveau responsable de Washington ne les changera pas. C’est probablement l’une des principales craintes.

7 Question: Le 3 mars, la Bulgarie fête la Journée de la libération du joug ottoman. Quel regard la Russie porte-t-elle sur la contribution de ceux qui sont morts pour la liberté de la Bulgarie?

BULGARIE RUSSIE CONTRE LES TURCS The_defeat_of_Shipka_Peak,_Bulgarian_War_of_IndependenceThe Battle of Shipka Pass in August 1877

Réponse: L’exploit des soldats russes dans la guerre russo-turque de 1877-1878, qui a permis de libérer les Bulgares du joug ottoman et leur a donné l’espoir de créer leur propre État, n’a jamais fait l’objet d’une estimation conjoncturelle de la part de la Russie.

Ce sujet a toujours fait consensus au sein de la société russe.

Un bon exemple de cette attitude est celui des commémorations solennelles en hommage aux guerriers russes qui ont trouvé la mort en Bulgarie, organisées chaque année à la Chapelle d’Alexandre Nevski et de Notre-Dame du Signe à Moscou. Ces événements réunissent deux fois par an – le 3 mars pour la Journée de la libération de la Bulgarie, et le 10 décembre pour la Journée de la prise de Plevna – des représentants de la société civile, des milieux politiques, des institutions militaires, du clergé et du corps diplomatique afin de rendre hommage aux 200 000 héros russes, soldats et officiers qui ont sacrifié leur vie au nom de la victoire.

Nous sommes reconnaissants envers la société bulgare, qui honore toujours la mémoire des guerriers russes, n’oublie pas leur exploit et la fraternité d’armes de l’époque, et refuse de falsifier l’histoire en cédant aux spéculations – qui sont en vogue aujourd’hui.  

8 Question: On dit en Russie que les Bulgares sont ingrats, mais les prêtres bulgares prient chaque jour pour les âmes des soldats décédés. Il existe à Plevna un cimetière où reposent 3 400 soldats russes qui ont combattu pour la liberté.

 Réponse: A mon avis, la question de la gratitude ou de l’ingratitude réside non seulement dans la commémoration des morts, mais aussi dans la poursuite du développement des relations avec les vivants. C’est toujours important et cela s’appuie sur l’expérience historique des deux peuples. Ce n’est pas vraiment une réponse à votre question, mais plutôt une partie de mes réflexions philosophiques. 

9 Question: Quel est le bilan de la visite du Premier ministre russe Dmitri Medvedev en Bulgarie?

RUSSIE s1016015_6_8c9c_ill-1016015-mPremier ministre russe Dmitri Medvedev

Réponse: On peut dire avec certitude que ce contact entre les chefs de gouvernement des deux pays, le troisième en un an, témoigne de l’importance et du développement de la coopération russo-bulgare malgré le contexte international compliqué. Au-delà du symbole important – la visite s’est déroulée pendant les commémorations des 141 ans de la libération de la Bulgarie – il faut souligner l’examen détaillé et intéressé de tous les problèmes et questions d’actualité. Nous espérons que l’examen et la mise en œuvre des projets conjoints, notamment dans le secteur énergétique, favorisera non seulement le développement des relations bilatérales mais aussi le renforcement futur de la sécurité énergétique de l’Europe.

En ce qui concerne les questions précises de l’agenda bilatéral ou la situation en Europe du sud-est, je vous recommande de prendre connaissance des publications mises en ligne sur le site du Gouvernement de la Fédération de Russie, et des propos de Dmitri Medvedev. 
10 Question: Roberto Fico, Président de la Chambre des députés du Parlement italien, s’est rendu à Moscou il y a deux jours. Au cours de son intervention lors d’une séance plénière de la Douma russe, il a souligné que la participation de la Russie aux travaux de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) était nécessaire pour résoudre les problèmes auxquels les pays européens faisaient face. Selon lui, dans le cas contraire, il s’agirait d’une négation du principe-même de dialogue interparlementaire. Pensez-vous que l’Italie pourrait aider la Russie dans la situation actuelle?

ITALIE Roberto Fico, Président de la Chambre des députés du Parlement italienroberto-fico-napoli-650x412-600x380 Roberto Fico, Président de la Chambre des députés du Parlement italien

 Réponse: C’est très bien d’avoir tenu ces propos en Russie, mais il faut le dire dans les pays européens, à ses collègues des États dont les parlementaires se sont opposés à la participation de la délégation russe aux travaux de l’APCE. Pour nous, c’est absolument évident. Si nous promouvons et soutenons la délégation russe, ce n’est pas uniquement en raison de nos sentiments patriotiques: nous le faisons parce que c’est nécessaire. C’est nécessaire au fonctionnement à part entière de cette structure. S’il s’agit d’évaluer les processus à l’œuvre dans l’espace européen commun, comment peut-on le faire sans la Russie?

Bloquer le travail, la prise de parole et le droit de réponse de ses collègues parlementaires… tout cela est déjà une absurdité, surtout s’il s’agit du parlement qui réunit le continent européen, berceau historique des contours modernes du parlementarisme. Tout cela semble encore plus absurde au début du XXIe siècle, à l’époque actuelle où tout le monde prétend combattre pour la liberté d’expression et contre les infox. Dans ce contexte, on empêche la délégation d’un pays de prendre part aux débats qui la concernent directement.

Il ne faut pas en persuader la Russie, mais les pays qui se sont opposés à la participation de la délégation russe à l’APCE. 

11 Question: Après les récentes élections en Moldavie, le Président de la République Igor Dodon a évoqué la possibilité d’un règlement rapide du problème transnistrien. Que pensent les experts du Ministère russe des Affaires étrangères de la situation après les élections? A quel point le format « 5+2 » est-il proche d’un compromis constructif?

MOLDAVIE Igor Dodon images cms-image-000004408Igor Dodon

Réponse: Quand arrivent des forces politiques qui disent que les conflits qui durent depuis des décennies, ou d’autres questions problématiques, peuvent être réglés rapidement, on se demande: pensent-elles réellement que leurs prédécesseurs ne l’avaient pas compris?
Il est évident que la nécessité de régler, entre autres, cette question problématique, était évidente pour tous. Personne ne contestait le fait que la situation nécessitait une solution juste et respectueuse pour tous les habitants dans le cadre de la loi et, évidemment, par des méthodes politiques et diplomatiques. En fait, tous les mécanismes apparus pour régler ce problème se basaient précisément sur une telle aspiration.
Les intentions des politiciens de régler les problèmes rapidement n’ont rien de mal. Mais ils doivent rester attachés à la réalité. Pour que cela ne soit pas un message théorique mais un postulat attaché à l’histoire du problème et aux capacités réelles.

Comme l’a dit à plusieurs reprises le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, pour les diplomates comme pour les médecins il est extrêmement important de ne pas nuire – et il faut toujours s’en souvenir.

12 Question: Quels sont les détails de la rencontre de Fayez al-Sarraj et de Khalifa Haftar à Abou Dabi?

Fayez al-Sarraj et de Khalifa Haftar à Abou Dabi haftar_et_sarraj_1500810242Fayez Al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar.LIBYE

Réponse: Le 27 février, grâce aux efforts de l’Onu et des Émirats arabes unis, les représentants des camps en conflit – le chef du Conseil présidentiel et Premier ministre du Gouvernement d’entente nationale de la Libye Fayez al-Sarraj et le commandant de l’Armée nationale libyenne Khalifa Haftar – se sont rencontrés à Abou Dabi avec la participation du représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu pour la Libye Ghassan Salamé.

Selon les informations rapportées, les interlocuteurs ont abordé les principaux problèmes du processus de paix libyen, notamment la fin de la période de transition en Libye par l’organisation d’élections nationales et la formation d’institutions publiques communes.

Moscou perçoit positivement les contacts qui ont eu lieu à Abou Dabi. Nous trouvons important que les principaux représentants libyens continuent, avec le soutien de l’Onu, de rechercher des accords mutuellement acceptables pour la réconciliation nationale et la stabilisation dans le pays.

13 Question: A l’heure actuelle, le Liban débat de l’initiative russe pour le retour au foyer des réfugiés syriens. Le règlement du problème du camp de déplacés internes de Roukban est également à l’ordre du jour des négociations entre la Russie et la Jordanie, et le thème du retour des réfugiés syriens et également abordé avec la Turquie. Peut-on régler ces questions en un bloc, « d’un coup »?

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Réponse: Il sera impossible de régler ces problèmes « d’un coup », comme vous dites, parce que ces problèmes ont plusieurs composantes. Ils sont liés aussi bien aux réfugiés qui se trouvent en dehors de la Syrie qu’aux déplacés internes, dont beaucoup ont été séparés du reste de leur famille. Ils sont liés aux problèmes territoriaux en Syrie, qui n’ont toujours pas été réglés, mais aussi à la présence de contingents militaires étrangers sur le territoire du pays. Il est impossible de régler tous ces problèmes « d’un coup ». Par conséquent, il est également impossible de régler « d’un coup » le problème migratoire. Nous espérons que, dans le meilleur des cas, il sera possible de le faire par étapes, au cas par cas, en utilisant différentes méthodes et dans différents domaines.

14 Question: Les États-Unis comptent publier un rapport sur l’enquête du Procureur spécial américain Robert Mueller au sujet de l' »ingérence russe ». Y a-t-il une réponse de la Russie? Que doit-elle attendre de ce rapport?

USA Robert Mueller105175361-GettyImages-170854342.530x298Robert Mueller

Réponse: Qu’est-ce que cela a à voir avec la Russie?

C’est une histoire purement intérieure aux États-Unis. Nous l’avons dit à maintes reprises. Chaque fois, d’une manière ou d’une autre, les batailles politiques entre les partis, et à présent probablement entre les clans, sont réglées par de telles histoires retentissantes. Cette fois, la campagne présidentielle de 2016 était basée sur le facteur d’une prétendue « menace extérieure », pratiquement d’un « ennemi extérieur », disaient-ils.

D’ailleurs, le reste de la confrontation politique aux États-Unis est basé sur le « thème russe ». Ce thème a été bien réchauffé, pour des raisons évidentes. L’un des candidats, la représentante du Parti démocrate, s’était occupée pendant des années de l’agenda international en se focalisant sur le dossier russe. En fait, c’est devenu une sorte d’atout dans toute la campagne. C’est pourquoi la suite de la confrontation politique aux États-Unis a également été construite en partant de la logique d’« influence extérieure ». Bien sûr, ces jeux politiques concernent notre pays à cause des sanctions, des déclarations monstrueuses que nous entendons, des accusations infondées de cette campagne qui s’abattent sur notre pays en les réduisant en cendres. Ce sujet non plus n’est pas détaché du tableau d’ensemble de la confrontation politique aux États-Unis.

15 Question: On s’attendait à ce que le problème du retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe soit réglé à court terme, pendant le sommet de l’organisation prévu à Tunis en mars. Néanmoins, cela n’arrivera probablement pas. Quels obstacles se dressent encore sur cette voie?

LIGUE ARABE L'Irak se prononce sur le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe 1036418358

Réponse: Vous ne devinez pas, vous qui représentez l’agence BloombergSelon moi, il n’y en a qu’un seul: la tentative de nos partenaires occidentaux, qui représentent et sont à la tête de la coalition dans ce pays, d’empêcher par tous les moyens ce qui constituerait pour eux un nouveau signe de l’échec de leur politique dans la région. Le retour de Damas au sein de la Ligue arabe le prouverait. Et dans l’ensemble, la normalisation des relations, qui avance à plein régime, prouve toute l’inconsistance de l’idée selon laquelle seul un changement de régime permettrait au pays de se développer aussi bien à l’intérieur de ses frontières qu’en dehors.

Le voilà, l’obstacle. Honnêtement, personne n’en voit d’autres.

Il existe une volonté intentionnelle de perturber, d’empêcher le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe. Mais n’importe quel journaliste d’un média de la région vous expliquera pourquoi la Syrie doit y revenir et pourquoi la Ligue a besoin de rétablir le droit de cet État dans l’Organisation, pourquoi ce processus est nécessaire pour la région, la Syrie et les pays voisins.

16 Question: Le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe est donc inévitable?

La Tunisie accueillera le 30ème sommet de la Ligue Arabe en 2019 sommet-arabe-La Tunisie accueillera la 30ème session du sommet de la ligue Arabe, le 31 mars 2019,

Réponse: Dans la perspective historique, c’est indiscutable, bien sûr, car c’est un pays de la région.

  • Comment l’organisation peut-elle fonctionner à part entière si un immense pays, représentant un éventail de problèmes et de perspectives, n’en fait pas partie?

Après tout, ce n’est pas un simple « club d’intérêts ». C’est une structure qui régule la vie de la région. C’est évident.

Les organisations internationales ne sont pas créées uniquement entre les partisans des mêmes idées. Ne mesurez pas tout à travers le prisme de l’Otan.

Toutes les organisations ne vivent pas et ne doivent pas vivre selon ce modèle. En principe, les structures et organisations internationales ne sont pas créées selon un modèle où une partie dirige les autres, ni un autre modèle où tous les pays pensent uniquement de la même manière sur toutes les questions.

Les organisations internationales existent autour de points de convergence et afin de pouvoir régler les problèmes à l’ordre du jour de ces pays et d’une région dans l’ensemble.

Cela ne signifie pas du tout que les pays membres doivent avoir les mêmes approches. En fait, les systèmes politiques des États membres de la Ligue arabe sont si différents qu’il est impossible de parler d’une coïncidence totale des approches de tous les États.

C’est pourquoi l’organisation n’a pas été créée comme un club d’intérêts ou de partisans des mêmes idées, mais comme une structure pour aborder les problèmes existentiels de la région.

Il est donc impossible de régler les problèmes de la région sans la Syrie, notamment dans le contexte actuel surchargé de questions liées précisément à la Syrie. C’est évident. Du moins du point de vue de la politologie.

17 Question: Selon les communiqués relayés par l’agence de presse TASS, ce 14 mars se tiendra une rencontre entre le vice-Ministre russe des Affaires étrangères et son homologue nord-coréen. Pouvez-vous confirmer cette information?

 Réponse: Je confirme avec plaisir l’information de TASS, d’autant qu’elle se réfère au Ministère des Affaires étrangères. Ce 14 mars auront lieu des consultations entre le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Igor Morgoulov et le vice-Ministre nord-coréen des Affaires étrangères Im Chon Il.

18 Question: Quels thèmes seront abordés durant cet entretien? Évoquera-t-on la visite du Président du Conseil d’État de la Corée du Nord Kim Jong-un?

 Réponse: Je ne vais pas anticiper les événements et annoncer l’ordre du jour. Nous le dévoilerons juste avant la rencontre. Bien sûr, les interlocuteurs évoqueront les principales questions liées aux relations bilatérales, aux contacts politiques et, évidemment, à la situation dans la région dans le contexte du processus de paix.

19 Question: Assez récemment, la presse kosovare a publié en albanais une information se référant aux médias allemands sur une prétendue entente en coulisses entre Moscou, Paris et Washington sur l’abandon factuel du Kosovo par Belgrade. Elle est déjà discutée dans les milieux d’experts. Dans quelle mesure cette information est-elle véridique?

SERBIE le Président serbe Aleksandar Vucic, B9716532208Z.1_20180805103017_000+G0TBQ74JM.1-0SERBIE le Président serbe Aleksandar Vucic

Réponse: La réponse est dans la question: vous parlez de « la presse kosovare en albanais se référant aux sources allemandes ». On ne peut pas parler sérieusement sur cette base. Tout ce qui est lié à la position de la Serbie concernant le processus de paix kosovar est activement commenté par le Président serbe Aleksandar Vucic, pratiquement tous les jours. Il fournit un avis exhaustif sur les négociations et les difficultés auxquelles est confronté le gouvernement serbe lors de ces négociations. Dans ce contexte, tout ce que vous avez mentionné ne laisse pas le moindre espoir quant à la véracité de cette information.

Je vous ai donné l’avis des experts. Mais il convient avant tout d’adresser cette question aux autorités serbes.

20 Question: Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a déclaré que le désarmement était le seul moyen de maintenir la paix, et qu’il était impossible d’assurer la sécurité du continent européen sans la Russie. Cette position est-elle partagée au sommet du pouvoir européen? L’Europe entreprend-elle des efforts pour former un système de sécurité conjoint avec la Russie?

Xavier Bettel xavier_bettelXavier Bettel

Réponse: La question du désarmement est très vaste et polémique. Il vaut mieux la poser au Conseil pour la politique étrangère et de défense, à nos structures principales qui définissent la conception des approches russes en politique étrangère. C’est un sujet intéressant.

Il est évidemment impossible d’assurer la sécurité sans la Russie. Les uns en parlent de manière négative en affirmant que la Russie crée une certaine menace, alors que les autres estiment que la Russie fait partie des garants de la stabilité. Dans tous les cas, les deux parties reconnaissent qu’il est impossible d’assurer la sécurité et la stabilité du continent européen sans Moscou. 

A plusieurs reprises à travers l’histoire, notre pays a confirmé son rôle d’État garant de la stabilité et de la sécurité, porteur de paix et non d’agression. La Seconde Guerre mondiale et le rôle de l’Union soviétique dans ce conflit en sont un exemple global, tout comme d’autres initiatives pacifiques avancées par notre pays lors des négociations sur les plateformes internationales une fois la paix rétablie.

Est-ce que tout le monde est du même avis? Tout le monde le comprend, mais ne peut pas en parler de manière constructive – je veux parler des politiciens européens.

21 Question: A la veille du 8 mars, que pouvez-vous souhaiter aux mères et aux femmes des parties en conflit dans le Haut-Karabagh?

 Réponse: Je leur souhaite une chose: le règlement le plus rapide possible du conflit et la paix. 

22 Question: Les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ont élu leurs représentants le 11 novembre. La Russie et les pays occidentaux avaient envoyé leurs observateurs, qui n’ont constaté aucune infraction. L’élection présidentielle ukrainienne qui approche devrait être interdite aux observateurs russes. Serait-il possible que les chefs des deux républiques autoproclamées soient les seuls leaders ukrainiens reconnus en Russie? Car du point de vue russe, ces républiques font juridiquement partie du territoire ukrainien…

UKRAINE Les quatre principaux candidats à l'élection présidentielle en Ukraine du 25 mai, Mykhaïlo310x190_mikhail-dobkine-yulia-timoshanko-sergey-tigipko-petro-porochenkoLes quatre principaux candidats à l’élection présidentielle en Ukraine du 25 mai, Mykhaïlo

Réponse: C’est une question compliquée et dialectique.

J’ai pris connaissance aujourd’hui des remarques du Premier ministre russe Dmitri Medvedev concernant la campagne électorale en Ukraine. Je vous propose également de les consulter. Elles soulignent que cette campagne est impropre. La méthodologie des préparatifs des élections – sans parler des campagnes des candidats – est sans précédent pour un pays européen qui a salué et signé la plupart des textes fondateurs régulant et réglementant la vie politique sur le continent européen au sein de différentes entités ou au niveau des États pris indépendamment.

Le refus d’accès aux observateurs envoyés de manière officielle et via les institutions internationales spécialisées constitue également un fait sans précédent.

S’il n’y avait pas de contradiction entre la manière dont la population veut vivre et vit réellement sur les territoires des deux républiques autoproclamées et le reste de l’Ukraine, il n’y aurait aucun problème. Le fait est qu’il existe des opinions différentes sur les questions fondamentales. Toutes les tentatives de rapprocher les positions, qui ont été juridiquement fixées dans les accords de Minsk, n’ont toujours pas été mis en œuvre par le régime de Kiev.

23 Question: Pouvez-vous citer les noms des citoyens américains interpellés à Novorossiïsk?

 

Réponse: Je peux confirmer les informations sur l’interpellation de citoyens américains accusés d’infraction à la législation migratoire. On a arrêté quatre personnes dont deux ont été expulsées sur décision du tribunal. Cette question est gérée par les forces de l’ordre qui disposent de tous les détails.

En ce qui concerne la première question, notamment sur les données de l’Unicef, nous allons demander des précisions avant de vous fournir un commentaire. 


source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3562173

Une réflexion au sujet de « 3236 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 7 mars 2019 »

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